Les banques espagnoles regorgent de participations industrielles
Selon UBS, le secteur bancaire espagnol dispose de 22 milliards d’euros au capital des groupes du pays. Mais les cours ont fortement chuté
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Olivier Pinaud
Photo: Bloomberg News
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Face à leurs besoins en fonds propres, les banques espagnoles pourraient être tentées de puiser dans leurs réserves de participations. Historiquement, le secteur bancaire a toujours été très présent au capital des grands groupes industriels du pays. Une partie des liens a déjà été dénouée ces dernières années. Depuis la cession en 2009 de ses 32% au capital de Cepsa, Santander n’est plus investie au capital de groupes espagnols. BBVA se contente pour sa part de 5% du capital de Telefonica. Mais sur les 35 membres de l’indice de référence de la Bourse de Madrid, Ibex 35, 11 comptent encore des actionnaires financiers, souvent des caisses régionales. Au total, en tenant compte des participations dans les PME, UBS évalue le portefeuille du secteur bancaire espagnol à 22 milliards d’euros.
La perspective d’un allègement contraint des banques espagnoles pèse depuis plusieurs mois sur la cote espagnole. En un an, la valeur du portefeuille de titres concernés a fondu de 49%. Certaines participations, comme le producteur d’électricité Iberdrola, l’hôtelier NH Hoteles ou la compagnie aérienne IAG (British Airways et Iberia) trouveraient néanmoins facilement preneurs, encore plus à ces cours de Bourse. UBS ajoute que les programmes de rachats d’actions permettraient dans certains cas d’absorber l’afflux de titres sur le marché.
Ces cessions contraintes pourraient aussi permettre aux industriels ou aux fonds souverains non européens de renforcer un peu plus leur présence en Europe à bon compte. La Chine par exemple a récemment profité des difficultés du Portugal pour se tailler la part du lion lors de l’ouverture du capital des entreprises publiques d’énergie REN et EDP, en proposant en parallèle un plan de financement pour les deux ou trois années à venir.
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