Les banques assurent de nouveau les fins de mois d’Orpea
Les banques ne se sont pas contentées de rogner leur marge d’intérêt sur leurs créances sécurisées pour permettre, début février, d’aboutir à un accord de conciliation à l’amiable entre la Caisse des dépôts – et ses alliés assureurs – et un groupe de créanciers non sécurisés, dit «SteerCo», dans le cadre du sauvetage d’Orpea. Elles assurent également les fins de mois du groupe de cliniques et de maisons de retraite avec un nouveau crédit syndiqué sécurisé d’un montant de 600 millions d’euros.
Le groupe dirigé par Laurent Guillot a annoncé mercredi la conclusion d’un accord de principe avec ses principaux partenaires bancaires afin de couvrir ses besoins de liquidité jusqu'à la réalisation des augmentations de capital, a-t-il précisé dans un communiqué.
Cette bulle d’air est plutôt appréciée du marché. Mercredi, vers 10 heures 30, l’action Orpea gagne 2,6% à Paris, à 2,59 euros.
L’enveloppe de 600 millions d’euros, rémunérée à Euribor plus 2%, est composée d’un crédit renouvelable de 400 millions d’euros à échéance en juin 2026 et deux facilités de crédit de 200 millions. Le financement accordé, est garanti par une partie des actifs immobiliers du groupe Orpea et s’accompagne de l’engagement d’une cession de 1,25 milliard d’euros de ce patrimoine immobilier.
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Vent de fronde de créanciers
Orpea a ainsi salué une «étape majeure dans la mise en œuvre de la restructuration financière du groupe en vue de l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée courant mars». Les créanciers non sécurisés doivent se prononcer d’ici au 10 mars sur le plan proposé, le groupe prévoyant en principe de solliciter l’accord du tribunal de commerce de Nanterre pour l’ouverture d’une sauvegarde accélérée vers le 15 mars, sans attendre l’échéance de la conciliation à l’amiable le 25 mars.
Si Orpea précise que cet accord de principe s’inscrit «exclusivement dans le cadre du plan de restructuration proposé par la société et prévoyant que le groupement d’investisseurs mené par la Caisse des dépôts et consignations devienne l’actionnaire de contrôle de la société», c’est qu’une nouvelle fronde intervient de la part d’un groupe de créanciers non sécurisés – parmi lesquels Whitebox, Kyma Capital ou Fortess IG - réfractaires à l’accord avec la Caisse. Ils estiment que l’accord avec la Caisse des dépôts favorise certains actionnaires au détriment d’autres investisseurs. Selon la Lettre A, ils réclament devant le tribunal de commerce de Paris la nullité de l’accord.
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