L’enquête lancée par la justice américaine fait plonger l'équipementier en télécoms chinois ZTE
Les groupes chinois restent dépendants de la demande américaine. Sous le coup de deux enquêtes menées par les autorités américaines, le groupe chinois ZTE a estimé qu’il devrait essuyer la première perte nette trimestrielle de son histoire. Elle devrait être comprise entre 1,9 et 2 milliards de yuans (de 234 à 246 millions d’euros) sur le troisième trimestre.
Un revers après avoir dégagé des bénéfices nets de 299 millions de yuans un an plus tôt et de 245 millions au premier semestre. La perte atteindrait ainsi 1,75 milliard sur les neuf premiers mois de l’année.
«Si nous ne sommes pas surpris de constater des résultats trimestriels décevants compte tenu de la pression qui pèse sur ses marges, l’ampleur des pertes estimées est nettement plus forte que prévu» estime Jones Ku, analyste chez Barclays, qui ajoute que « le pire pourrait ne pas être terminé». Lors d’une conférence téléphonique, l’équipementier télécom aurait d’ailleurs estimé ses ventes annuelles entre 90 et 93 milliards de yuans, selon Bloomberg, contre 100,6 milliards anticipés par le consensus. L’objectif de ventes de «smartphones» a en outre été revu à la baisse à 25 millions d’unités, contre 26 à 28 millions précédemment.
En cause: les retards de certains projets internationaux et les faibles marges bénéficiaires brutes sur les marchés européens et asiatiques, notamment en Chine, ont réduit les revenus et le total des marges bénéficiaires pour le troisième trimestre, selon le communiqué de ZTE. Le groupe, qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation, rajoute en outre que les enquêtes américaines ont eu un impact sur ses résultats à destination de l’Iran.
A cela s’ajoute un appel lancé la semaine dernière par le Congrès américain aux entreprises du pays à «bloquer les acquisitions, les prises de participation et les fusions» impliquant ZTE et Huawei, une autre grande compagnie chinoise de télécommunications, en raison d’un risque pour la sécurité nationale du fait de leurs liens étroits avec le pouvoir central chinois.
Un risque symbolique puisque l’exposition du groupe au marché américain reste limité selon les analystes, mais suffisant pour faire chuter son titre à la Bourse de Hong Kong de 15,15% à 10,63 dollars locaux. Les actions sont en baisse de 56% depuis le début de l’année, contre un gain de 15% pour l’indice Hang Seng.
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