Le volet financier du rachat potentiel de Draka Holding par Nexans est encore flou
Nexans est resté jusqu’ici très sibyllin sur les modalités de financement du rachat éventuel de son concurrent néerlandais Draka Holding. «Le financement qui serait mis en place permettrait à Nexans de préserver sa solidité financière», peut-on simplement lire dans le communiqué publié lundi. L’endettement net de Nexans s’élevait à 277 millions d’euros au 30 juin dernier, soit un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation de seulement 0,8 fois.
Les analystes crédit de Société Générale estiment qu’au prix annoncé de 15 euros par action (payé en numéraire), l’intégration de Draka porterait ce ratio à 2,7 fois si l’opération était entièrement financée par la dette, donc inférieur au maximum de 2,95 prévu par les covenants bancaires du groupe. Ils ajoutent que Nexans dispose d’un niveau élevé de liquidité «avec une trésorerie de 790 millions d’euros plus 580 millions de lignes de crédit confirmées non tirées», sans échéance de dette majeure avant 2013, année où il devra rembourser 280 millions d’euros provenant d’obligations convertibles. Noté actuellement BB+ par Standard & Poor’s, le fabricant de câbles français ne devrait pas, dans ce cas de figure, voir sa note abaissée mais «la perspective de la note pourrait passer de stable à négative», juge le département crédit de la banque.
Chez Oddo Securities, on souligne que la structure financière de Draka est plus faible que celle de son concurrent, avec un net gearing de 51% contre 15% pour Nexans. C’est également le cas de sa marge opérationnelle attendue à 3,9 % l’an prochain contre 5,7% pour le groupe français. Sans inclure de coûts d’intégration ni les effets de synergies sur lesquels Nexans ne s’est pas prononcé, les analystes estiment que la transaction serait relutive «à hauteur de 20% environ» sur son bénéfice par action en 2011 et 2012, compte tenu du redressement prévu de Draka. Ils n’excluent cependant pas l’éventualité d’un appel au marché qui devrait alors «fortement limiter l’impact relutif théorique évoqué».
D’autres inconnues concernant cette transaction pourraient avoir des conséquences financières, notamment en cas de revente de l’activité de câbles télécoms, un segment de marché dont s’est en grande partie désengagé Nexans depuis quelques années.
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