Le secteur privé cherche son cadre de reporting des risques liés au climat
Un groupe de représentants d’émetteurs, d’investisseurs, d’agences de notation ou encore de cabinets d’audit de toutes nationalités se réunit demain et après-demain à Paris pour tenter d’établir des standards internationaux de publication d’informations financières sur le changement climatique. Membres du «groupe de travail sur le reporting financier sur les risques liés au climat» (TCFD en anglais), présidé par Michael Bloomberg, ils ont été mandatés en fin d’année dernière par le Conseil de stabilité financière (FSB) et doivent publier la conclusion de leurs travaux en décembre.
Aux yeux du FSB, lui-même chargé par le G20 de se pencher sur cette question, une information insuffisante ou trompeuse sur les risques financiers liés aux changements climatiques risque de conduire à une mauvaise estimation du prix des actifs et à une allocation inappropriée des investissements. In fine, cela pourrait entraîner de brusques corrections des marchés, au détriment de la stabilité financière.
Il existe certes déjà des centaines de régimes de «reporting» qui s’intéressent à la question du climat, mais ils sont souvent difficilement comparables. Par exemple, tous ne partagent la même vision de ce qu’est un risque substantiel lié au changement climatique et certains d’entre eux souhaitent prendre en compte des questions sociales ou de gouvernance. Dans un rapport d’étape publié en mars dernier, le groupe de travail souligne qu’il a décidé de s’appuyer sur les travaux déjà réalisés, mais qu’il a choisi pour sa part de se concentrer sur la question du climat en écartant des sujets comme la santé, la pauvreté ou les migrations.
Pour appréhender les risques financiers liés aux impacts du changement climatique, le groupe cherchera dans ses recommandations finales à mettre en lumière les risques physiques liés par exemple à l’effet d’une tempête ou au changement de température. Il pourra aussi tenter de donner un aperçu des risques non physiques. Ces derniers peuvent recouvrir les risques juridiques, les changements de technologies, d’habitudes de consommation ou encore le risque de réputation. Les recommandations devront pouvoir s’appliquer aussi bien aux entreprises non financières qu’aux acteurs des marchés de capitaux. Elles porteront sur des critères quantitatifs comme qualitatifs et sont destinées à s’appliquer sur une base volontaire.
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