Le rachat de Rosetta confirme les ambitions de Publicis dans le numérique
La soif de croissance externe de Publicis ne semble pas devoir s’apaiser. Hier, le groupe publicitaire français a annoncé la signature d’un accord pour l’acquisition de l’agence américaine indépendante Rosetta Marketing Group, conseillée par Goldman Sachs et spécialiste du numérique. Montant initial de l’opération : 575 millions de dollars (410 millions d’euros) en numéraire, qui pourra être complété en 2014 en fonction des performances de Rosetta d’ici là.
L’opération entre dans le cadre de la stratégie de croissance de Publicis dans le numérique, l’un des deux axes prioritaires de développement aux côtés des marchés émergents. La semaine passée, le groupe avait ainsi annoncé l’acquisition du chinois Dreams, après avoir dévoilé le mois dernier celles des agences brésiliennes GP7 et Tailor Made (une participation minoritaire pouvant être portée à 100% en 2013). En avril encore, le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy, avait pris soin d’assurer que le britannique Aegis ne constitue pas une cible. Celle-ci pourrait être cédée par son actionnaire principal, le groupe Bolloré.
Côté activité numérique, le rachat de Rosetta permet à Publicis de franchir un pas significatif pour atteindre son objectif d’une activité réalisée à 35% dans ce secteur en 2013. L’opération porte en effet d’ores et déjà cette part à 30%, deux points de plus que l’an passé. ZenithOptimedia (filiale de Publicis) assure qu’internet devrait supplanter la presse écrite en 2013 en tant que deuxième support de communication, certes loin derrière la télévision.
En termes opérationnels, Publicis a tenu à préciser que Rosetta, dont les principaux clients sont actifs dans les secteurs de la santé, des services financiers, de la grande distribution ou des technologies selon le groupe, «demeurera une marque autonome et indépendante». Cela toujours sous la direction de son fondateur et directeur général Chris Kuenne.
Maurice Lévy s’est targué hier de «fortes synergies» entre les deux parties. Pas de doute pour Charles Bedouelle chez Exane BNP Paribas, qui met en avant la faiblesse du dollar, «c’est le bon moment pour accroître la force de frappe de Publicis sur le marché clé américain du numérique». Bien que le montant initial déboursé par le groupe français représente déjà 2,3 fois le chiffre d’affaires 2010 de la cible, l’analyste estime qui plus est que l’opération est susceptible d’avoir un impact positif de 3% sur le bénéfice net par action de Publicis dès l’an prochain.
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