Le Qatar va acheter 6,16 % du capital de l’espagnol Iberdrola
Le fonds souverain Qatar Holding va s’emparer de 6,16% du capital du leader espagnol de l'énergie, Iberdola, après un investissement de 2,02 milliards d’euros, ont annoncé hier les deux directions après la signature d’un accord stratégique. Le conseil d’administration d’Iberdola a approuvé l’augmentation de capital qui sera souscrite intégralement par le véhicule d’investissement du fonds Qatar Investment Authority, pour un montant de 1,9 milliard d’euros, a communiqué le groupe hier à l’autorité espagnole des marchés (CNMV). Soit 338 millions d’actions à 5,63 euros par titre, moins que le cours de l’action à la clôture hier (5,97 euros). Pour compléter l’opération, le fonds qatari rachètera au même prix des actions autocontrôlées par Iberdrolal pour l'équivalent de 0,37% du capital avant l’augmentation.
«En plus d’une franchise européenne forte et stable, notre investissement dans Iberdrola nous offre une exposition significative à d’autres marchés globaux importants comme le Brésil, le Mexique et les États-Unis», a commenté M. Ahmad Mohamed Al-Sayed, PDG de Qatar Holding qui gère 85 milliards de dollars d’actifs, dans un communiqué commun. De son côté, Iberdola affirme que l’accord, signé avec un investisseur «stable», lui ouvre les portes d’«opportunités au Moyen Orient et dans d’autres zones, dont l’Asie».
Le montant provenant de l’augmentation de capital lui permettra de «renforcer son bilan et de mener à bien les opérations engagées», telles que la fusion par absorption de sa filiale verte Iberdrola Renovables, annoncée la semaine dernière, ainsi que l’achat au Brésil d’ Elektro Electricidades e Servicios, qui devraient lui coûter en tout 3 milliards d’euros, dont 2,9 milliards pour l’opération brésilienne. Du coup, Iberdrola annule l’augmentation de capital prévue pour financer la fusion avec sa filiale verte et lance un programme de rachat d’actions pour un maximum de 247,5 millions de titres.
L’arrivée de cet actionnaire porte un nouveau coup aux ambitions du groupe de BTP espagnol ACS qui tente de renforcer le contrôle sur Iberdrola malgré son hostilité. Le Qatar avait déjà surgit, sans succès, sur le chemin d’ACS lors de sa montée au capital de l’Allemand Hochtief. Le Qatar s'était récemment engagé à investir, sans plus de précisions, quelque 3 milliards d’euros dans les secteurs espagnols de l'énergie et des télécommunications.
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