Le marché du high yield en euros s’ouvre aux émissions à taux variable
Le taux variable commence à se développer sur le marché du crédit à haut rendement européen. Le 3 avril, la chaîne de restaurants Quick s’est refinancée intégralement par floating rate notes (FRN) en émettant 440 millions d’euros à 5 ans et 155 millions à 5,5 ans à des spreads de 475 et 750 pb au-dessus de l’Euribor. Le fabricant de tuiles Monier, en tournée auprès des investisseurs jusqu’à demain, espère quant à lui lever à taux variable environ la moitié de ses 415 millions d’euros d’emprunts obligataires.
Le groupe de surgelés Picard avait déjà émis l’an dernier des FRN en euros. Une poignée de sociétés l’a imité depuis, comme l’opérateur de duty free Nuance Groupe, contrôlé par PAI, ou le groupe espagnol de parcs à thème PortAventura. Si les investisseurs peuvent y trouver une protection contre la hausse des taux, la formule offre surtout de la souplesse aux fonds LBO actionnaires des émetteurs.
Sur le marché du high yield en euros à taux fixe, les obligations ne peuvent en effet être rachetées par anticipation avant, en règle générale, environ la moitié de la durée de vie des titres: les structures de maturité à 7 ans avec cette clause de non-call pendant 3 ans sont ainsi fréquentes. «Pour les fonds de capital investissement voulant émettre sur le marché du high yield bond, les périodes de non-call associées à des emprunts obligataires à taux fixe peuvent sembler parfois punitives surtout pour des sociétés qu’ils détiennent depuis longtemps en portefeuille. C’est pourquoi les FRN sont attractives car elles sont associées à des périodes de non-call plus courtes, les investisseurs qui les souscrivent étant moins soucieux de l’impact d’une éventuelle remontée des taux», explique Céline Méchain, managing director chez Goldman Sachs. Quick a ainsi pu limiter à 1 an et 1,5 an l’interdiction de rachat anticipé de ses souches à 5 ans et 5,5 ans.
Goldman Sachs a dirigé plusieurs émissions high yield récentes comme Quick, Kerneos et Kaufman & Broad, en attendant Monier. Autant de LBO à l’histoire chahutée, mais que le marché obligataire peut absorber plus facilement que celui du prêt bancaire. «L’appétit des investisseurs sur le marché high yield reste très important en France comme en Europe et la liquidité de ce marché aussi, indique Céline Méchain. Mais si la politique monétaire des banques centrales devait évoluer, une correction et une remontée des rendements pourrait être à craindre, comme on l’a constaté en mai 2013».
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