Le marché automobile français bute sur les ponts du mois de mai
Les gens n’ont pas acheté beaucoup de voitures, ils avaient autre chose à faire». Tel est le commentaire fataliste de François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), à l’occasion de la publication vendredi par l’association des chiffres du marché automobile hexagonal pour le mois de mai. «Ce n’est pas un bon mois, ces jours en moins, avec les ponts et les élections, ont pesé lourdement» a-t-il insisté. Il est vrai que le différentiel notable de jours ouvrables, 19 en mai 2012 contre 22 l’an dernier, appelle à une lecture attentive des statistiques.
En données brutes, le repli du volume des immatriculations de voitures particulières neuves en mai atteint 16,1%, à 165.776 unités. Une déconvenue ramenée à 2,9% à nombre de jours ouvrables comparables. L’impact de l’élection présidentielle, source d’interrogations pour le consommateur, reste impossible à évaluer.
Cet effet calendaire s’estompe en grande partie sur les cinq premiers mois de l’exercice, pour lesquels le recul du marché s’élève respectivement à 17,2 et 15,6% en données brutes et corrigées (840.158 véhicules écoulés pour 104 jours ouvrables contre 106 de janvier à mai 2011). Le mois dernier, le marché a ainsi rechuté après avoir limité la casse en avril avec une baisse de 1,6% (tant en données brutes que corrigées des jours ouvrables) sous l’impulsion des livraisons de nouveaux modèles permettant d’atténuer les effets très négatifs de la fin du dispositif public d’incitation à l’achat ou «prime à la casse». Le CCFA a quoi qu’il en soit maintenu vendredi son estimation d’une baisse de 8 à 10% du marché automobile français pour l’ensemble de l’année 2012.
Sous l’angle des constructeurs, les locaux apparaissent à la peine. Leur repli en données brutes atteint 21,9% en mai (-8,8% pour les groupes étrangers) et 23,7% sur cinq mois (-8,2%). PSA Peugeot Citroën et Renault accusent ainsi des pertes de parts de marché de 3,8 points sur un mois (à 52,3%) et de 4,6 points sur 5 mois (à 53,4%). La contre-performance est homogène sur cinq mois pour les différentes marques des deux groupes, d’un repli de 22,9% des volumes pour Citroën à une baisse de 25,2% pour Peugeot (Renault et Dacia cèdent 23,9 et 23,2%).
En parallèle, le numéro un européen Volkswagen grappille 1,8 point depuis le début de l’année pour s’accaparer 13,7% du marché français.
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