Le groupe Louis Dreyfus en pleine valse-hésitation
Le décalage est flagrant. Alors que le suisse Glencore file à grande vitesse vers la bourse, opération qui lui permettrait de lever plus de 10 milliards de dollars à Hong Kong et à Londres, son concurrent français Louis Dreyfus cherche encore sa voie de financement. «Le groupe a de nombreux projets pour lesquels nous avons besoin d’argent. Toutes les options sont possibles, entre une introduction en Bourse, une fusion, ou un recours à un investisseur privé. Mais je ne sais pas encore pour quelle solution nous allons opter», a déclaré Margarita Louis-Dreyfus, la présidente de Louis Dreyfus Holding, dans un entretien aux Echos. Une hésitation qui peut surprendre alors que la dirigeante, veuve de Robert Louis-Dreyfus, l’emblématique patron du négociant en matières premières, reconnaît dans le même entretien que «la conjoncture dans les matières premières est aujourd’hui très favorable».
En revanche, la situation de gouvernance dans laquelle se trouve aujourd’hui Louis Dreyfus est moins propice à une levée de fonds. Le groupe familial français, détenu à 61% par le holding Akira qui regroupe les héritiers de Robert Louis-Dreyfus, perdra dans les prochaines semaines Jacques Veyrat, son dirigeant opérationnel. Présent dans le groupe Louis Dreyfus depuis seize ans, l’homme est réputé et reconnu par les investisseurs depuis l’introduction réussie de Neuf Cegetel à la Bourse de Paris en 2006, suivie de son rachat deux ans plus tard par SFR à un prix 60% plus élevé.
Dans l’entretien aux Echos, Jacques Veyrat, qui vient déjà d'être remplacé à la présidence du holding par Margarita Louis-Dreyfus, confirme son prochain départ mais sans en donner la motivation exacte. S’il n’évoque pas de possibles dissensions avec les actionnaires familiaux, il explique que «les équipes militent pour que le groupe se développe et en ait les moyens, ce qui peut créer de la tension, mais cela doit se faire dans le respect de la philosophie de la maison».
Le remplaçant de Jacques Veyrat sera issu du groupe mais n’a pas encore été choisi. Serge Schoen, le président de LD Commodities, «sera le nouvel homme fort», assure Margarita Louis-Dreyfus, mais «il ne remplacera pas Jacques dans toutes ses fonctions». Cette nouvelle équipe devra définir de nouveaux objectifs alors que le plan de développement à cinq ans mis en place par Robert Louis-Dreyfus arrive à son terme.
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