Le français Mistral AI lance à son tour une application pour son outil d’IA
Mis sous pression par l’engouement pour DeepSeek et à quelques jours du sommet pour l’IA organisé en France, Mistral AI a lancé jeudi une nouvelle application pour son logiciel d’IA générative.
La start-up valorisée 5,8 milliards d’euros fait figure de fer de lance de l’intelligence artificielle en France. Elle a développé un outil d’IA similaire à celui de ChatGPT baptisé Le Chat. Un nom conservé pour l’application mobile dévoilée ce 6 février.
L’entreprise parisienne fondée il y a deux ans affirme que son assistant open source est alimenté par les moteurs d’inférence les plus rapides au monde, répondant avec jusqu'à 1.000 mots par seconde.
«Les Français et le monde entier se rendent compte que les acteurs européens comptent et qu’ils fournissent une technologie de pointe», a déclaré Arthur Mensch, directeur général et cofondateur de Mistral AI, à Reuters.
Malgré un succès précoce, la société française est largement surpassée par la popularité de ChatGPT, qui comptait 200 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires, selon OpenAI en août, contre «plusieurs millions d’abonnés» utilisant régulièrement Le Chat, a déclaré M. Mensch.
Arthur Mensch, 32 ans, a indiqué à Reuters qu’il connaissait bien DeepSeek et qu’il n'était pas surpris par sa dernière innovation. Selon lui, la start-up chinoise a bénéficié de la technologie partagée par Mistral en open source en 2023. «DeepSeek est quelque chose que nous attendions», a-t-il ajouté : «Nous sommes une entreprise qui conçoit des produits à partir de solutions open source. Ainsi, chaque fois qu’une nouvelle technologie open source voit le jour, nous en profitons».
Bien financé
Le cofondateur de Mistral AI a souligné la nécessité d’une alternative européenne aux offres chinoises et américaines, affirmant que son objectif ultime était de rendre l’IA «plus ouverte et plus accessible à tous». «L’IA comporte une dimension culturelle, et je pense que tout le monde commence à s’en rendre compte. Il s’agit aussi d’avoir des champions européens, et c’est pourquoi nous avons créé Mistral», a-t-il déclaré.
Le nouvel assistant de conversation de Mistral, qui n'était auparavant disponible que sur un navigateur web, est la version grand public d’un produit également proposé aux entreprises. La société affirme avoir déjà signé des partenariats avec «plusieurs dizaines» de grandes entreprises, notamment avec le groupe français de gestion de l’eau et des déchets Veolia.
A lire aussi : BNP Paribas s'allie à la pépite française Mistral AI dans l’intelligence artificielle
Mistral AI a également annoncé un partenariat avec l’Agence française pour l’emploi en début de semaine et d’autres sont en cours de préparation avec d’autres autorités européennes, a indiqué Arthur Mensch.
Toutefois, cela ne représente qu’une fraction des partenariats conclus par les poids lourds américains, qui devraient également bénéficier du projet Stargate du président Donald Trump.
Arthur Mensch a déclaré que Mistral AI, qui a levé plus d’un milliard d’euros à ce jour, était «très bien financé». Commentant les spéculations sur une introduction en Bourse, il a estimé qu’il ne s’agissait «pas du tout d’une ambition à court terme».
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas s'engage sur cinq ans avec Google Cloud
Quelques mois après avoir signé avec Mistral, BNP Paribas cultive sa stratégie multicloud et multimodèle en signant un accord avec Google Cloud. -
Bessemer Venture Partners lève 5,75 milliards de dollars pour mener plus loin les start-up de l'IA
En une seule levée, la firme californienne du capital-risque a réuni 1,75 milliard de dollars destinés à investir dans les phases initiales de développement d'entreprises IA-natives, et 4 milliards pour renforcer l'accompagnement de ces participations au fil de leur croissance dans un contexte où une éventuelle introduction en Bourse intervient plus tardivement. -
Le gendarme bancaire et financier alerte à nouveau sur le risque quantique
Intervenant lors d'une manifestation organisée par Finance Innovation, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution souligne l'accélération des risques liés aux agents IA.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi Emmanuel Macron annonce l'envoi de soldats français en Arabie saoudite
Le président de la République a annoncé jeudi soir l'envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, espérant contribuer à la stabilisation des marchés pétroliers affolés par la guerre au Moyen-Orient -
AlerteEmmanuel Macron renouvelle ses mises en garde contre la Russie
Le chef de l'Etat a tenté de faire la pédagogie de son action pour faire baisser les prix des carburants et assurer la sécurité du pays face au bellicisme russe -
EditorialMacron aux 20 heures : expliquer, c'est aussi inquiéter
Il y a près de seize mois qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu à la télévision, en ouverture des 20 heures de TF1 et France 2. Et ce n’est pas un hasard si le chef de l’Etat a choisi ce format XXL pour s’exprimer : les Français sont entrés très tôt, très vite, très fort dans la campagne électorale, joute dont Emmanuel Macron, pourtant constitutionnellement inéligible, ne veut pas être exclu. Le risque pour lui serait en effet que, déjà proche des pires scores de popularité décrochés par François Hollande à la fin de son unique mandat, il devienne le punching ball de tous les candidats, à la fois pour son bilan et pour sa responsabilité dans l’état de dénuement budgétaire et financier dans lequel se retrouve le pays en pleine crise de l’énergie.