L’allemand Henkel tire lui aussi le signal d’alarme sur la Russie
Adidas ou Rheinmetall avaient déjà lancé le même type d’avertissement ces dernières semaines. Hier, le groupe allemand Henkel a annoncé s’attendre à un ralentissement de la croissance de son bénéfice courant au second semestre en raison des tensions en Russie mais aussi au Moyen-Orient. «Nous prévoyons une croissance du bénéfice par action entre 7 et 9%, mais elle sera plus proche de la borne basse de la fourchette», a précisé Kasper Rorsted, le directeur général du groupe allemand de biens de consommation courante (lessives, shampoings, colles…). Hier, le cours de l’action Henkel a chuté de 5,3% à 78,2 euros à la Bourse de Francfort.
Jusqu’à présent, Henkel dit ne pas avoir souffert de la dégradation de la situation en Russie. La direction a indiqué hier que les ventes dans ce pays ont augmenté de 6% au premier semestre, avec un second trimestre meilleur que le premier. Mais, «il serait naïf de penser que la Russie ne se rapproche pas d’un environnement de récession», a reconnu hier Kasper Rorsted. Le produit intérieur brut russe a progressé de 0,8% d’un an sur l’autre au deuxième trimestre, moins que la hausse de 0,9% enregistrée lors des trois premiers mois de l’année.
Henkel réalise un peu plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en Russie, soit un peu plus de 10% de ses ventes totales. Le pays représente son quatrième plus gros marché mondial. Il dispose sur place de quatre sites de production et emploie un millier de personnes. Un ralentissement trop marqué de l'économie russe pourrait donc peser sur l’objectif de croissance d’Henkel. Le groupe allemand prévoit de porter à 20 milliards d’euros ses revenus annuels en 2016 contre 16,5 milliards l’an dernier, dont la moitié en provenance des pays émergents.
Ces difficultés en Russie viendraient s’ajouter aux déséquilibres constatés ces derniers mois dans d’autres pays émergents, comme le Brésil. Unilever, Procter & Gamble ou Beiersdorf, les grands concurrents d’Henkel, ont tous fait part lors de l’annonce de leurs résultats semestriels d’une dégradation des conditions économiques dans les pays émergents, amplifiée par les mouvements monétaires.
Plus d'articles du même thème
-
La Médiation des entreprises publie un guide pour soutenir la trésorerie de la filière BTP
Ce guide pratique, élaboré avec les acteurs de la filière, propose des outils pour sécuriser et fluidifier la chaîne de paiement entre professionnels du secteur. -
Les hedge funds signent leur meilleur premier semestre depuis 2021
Les hedge funds ont continué de battre des records en juin selon HFR, fournisseur américain de recherche et d’indices sur les fonds alternatifs liquides.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Le cercle des initiésDéfense : le joli coup de Thales avec la pépite française des drones sous-marins
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité -
« Un sujet de préoccupation » : EDF et ses centrales nucléaires au défi des canicules à répétition
Pour la deuxième fois en trois semaines, des réacteurs nucléaires sont arrêtés jeudi alors que la canicule s’intensifie. Si la pénurie ne menace pas, EDF doit adapter ses infrastructures. -
Au tableau« Nous aurons assez de professeurs » : les limites de l’autosatisfecit du gouvernement
La réforme de la formation des enseignants permettra, selon le gouvernement, de combler le manque d'effectifs au mois de septembre. Les syndicats sont divisés