Lagardère muscle son conseil de surveillance face à Amber
Lagardère renforce sa défense. Alors que sa prochaine assemblée générale s’annonce tendue, avec la montée des revendications d’Amber, devenu son deuxième actionnaire, le groupe de distribution et de médias a officialisé hier les nominations à son conseil de surveillance de Nicolas Sarkozy et de Guillaume Pepy. Leur arrivée avait été révélée ces derniers jours par les hebdomadaires Marianne et L’Obs.
Les cooptations de l’ancien président de la République et de l’ex-PDG de la SNCF ont été acceptées à «l’unanimité» par le conseil de surveillance, sur recommandation du comité des nominations, explique Lagardère. Ils prendront les sièges laissés libres par Xavier de Sarrau et François David, tous deux démissionnaires avant la fin de leur mandat. Leur cooptation devra ensuite être approuvée par les actionnaires lors de l’AG.
Renforcer le lien avec le Qatar
L’arrivée de Nicolas Sarkozy, qui considère Arnaud Lagardère comme son «frère», est vue comme une façon de renforcer le lien entre le groupe de médias et le Qatar, son premier actionnaire. L’ancien président de la République est réputé proche de l’émirat. Or, la position du Qatar est cruciale chez Lagardère. En 2018, le fonds qui gère la participation de l’émirat avait failli voter en faveur des résolutions proposées par Amber, qui cherchait déjà à l’époque à entrer au conseil de surveillance pour mieux faire entendre sa voix.
Depuis, le fonds dirigé par Joseph Oughourlian a pris une plus grande part au capital, au-dessus du seuil des 10%, et n’exclut pas de faire ce qui est en son pouvoir pour casser le statut ultra-protecteur de société en commandite par actions de Lagardère.
«Lagardère va devoir convaincre les actionnaires du bien-fondé de ces nominations. Or, l’actionnariat de Lagardère est très anglo-saxon et institutionnel», fait remarquer un bon connaisseur du dossier, sous-entendant que les investisseurs anglo-saxons ne seront pas forcément emballés par ces deux profils issus de l’establishment français.
De son côté, Colette Neuville, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), fustige cette double cooptation. «La démission d’administrateurs pour laisser leur fauteuil à d’autres personnalités juste avant l’AG va à l’encontre de la démocratie actionnariale car cela limite le choix des actionnaires», regrette cette dernière, qui constate que cette pratique est répandue dans les entreprises françaises.
Plus d'articles du même thème
-
Rubis va abandonner le statut de société en commandite
Les associés commandités vont renoncer à leurs droits spéciaux en échange d’environ 11% du capital. Cette décision devrait rendre l’action plus attrayante pour les investisseurs. -
La communication financière passe par un récit stratégique créateur de valeur
Aux émetteurs de faire preuve de plus de transparence, notamment sur leur guidance et sur leur plan stratégique, et en publiant le consensus des analystes. Des réponses nécessaires à des investisseurs plus exigeants. -
Sandrine Johnson (CRPN) : « Ne touchons pas à ce qui fonctionne »
Sandrine Johnson dirige la CRPN, le régime de retraite complémentaire obligatoire des pilotes, hôtesses et stewards. Les contraintes des métiers de navigant impliquent un âge de départ à la retraite plus précoce que celui d'autres régimes. La directrice générale détaille sa gouvernance, sa gestion, les évolutions possibles et la tournée prévue auprès des candidats à l'élection présidentielle pour défendre son modèle.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
Contenu de nos partenaires
-
Pays ruinéPrésidentielle : à qui profite le chaos ?
Le dispositif de maintien de l’ordre a failli. Le Premier ministre ne répond que sur le terrain politique. Le Président appelle au calme. Jean-Luc Mélenchon continue à conflictualiser. Marine Le Pen cherche à gagner sur les deux plans, l’ordre et le social -
EditorialJournée du 17 octobre : il est minuit moins une, Monsieur le Président
La perspective de l'élection présidentielle ne suffit plus à canaliser la violence -
AllocutionFace aux violences urbaines, Emmanuel Macron appelle à l'ordre et à l’apaisement
Après une journée de chaos dans plusieurs métropoles du pays, le président a livré un message d'apaisement et d'unité, plaidant pour distinguer les revendications des manifestants et les violences « des factieux »