Lagardère muscle son conseil de surveillance face à Amber
Sous la pression de son deuxième actionnaire, le groupe officialise les arrivées de Nicolas Sarkozy et Guillaume Pepy.
Publié le
Olivier Pinaud
Nicolas Sarkozy rejoint le conseil de surveillance du groupe Lagardère.
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Crédit European Union.
Lagardère renforce sa défense. Alors que sa prochaine assemblée générale s’annonce tendue, avec la montée des revendications d’Amber, devenu son deuxième actionnaire, le groupe de distribution et de médias a officialisé hier les nominations à son conseil de surveillance de Nicolas Sarkozy et de Guillaume Pepy. Leur arrivée avait été révélée ces derniers jours par les hebdomadaires Marianne et L’Obs.
Les cooptations de l’ancien président de la République et de l’ex-PDG de la SNCF ont été acceptées à «l’unanimité» par le conseil de surveillance, sur recommandation du comité des nominations, explique Lagardère. Ils prendront les sièges laissés libres par Xavier de Sarrau et François David, tous deux démissionnaires avant la fin de leur mandat. Leur cooptation devra ensuite être approuvée par les actionnaires lors de l’AG.
Renforcer le lien avec le Qatar
L’arrivée de Nicolas Sarkozy, qui considère Arnaud Lagardère comme son «frère», est vue comme une façon de renforcer le lien entre le groupe de médias et le Qatar, son premier actionnaire. L’ancien président de la République est réputé proche de l’émirat. Or, la position du Qatar est cruciale chez Lagardère. En 2018, le fonds qui gère la participation de l’émirat avait failli voter en faveur des résolutions proposées par Amber, qui cherchait déjà à l’époque à entrer au conseil de surveillance pour mieux faire entendre sa voix.
Depuis, le fonds dirigé par Joseph Oughourlian a pris une plus grande part au capital, au-dessus du seuil des 10%, et n’exclut pas de faire ce qui est en son pouvoir pour casser le statut ultra-protecteur de société en commandite par actions de Lagardère.
«Lagardère va devoir convaincre les actionnaires du bien-fondé de ces nominations. Or, l’actionnariat de Lagardère est très anglo-saxon et institutionnel», fait remarquer un bon connaisseur du dossier, sous-entendant que les investisseurs anglo-saxons ne seront pas forcément emballés par ces deux profils issus de l’establishment français.
De son côté, Colette Neuville, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), fustige cette double cooptation. «La démission d’administrateurs pour laisser leur fauteuil à d’autres personnalités juste avant l’AG va à l’encontre de la démocratie actionnariale car cela limite le choix des actionnaires», regrette cette dernière, qui constate que cette pratique est répandue dans les entreprises françaises.
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