L’Afep-Medef impose des quotas de femmes dans les instances de direction
Avant la grande révisiondu code Afep-Medef attendue en fin d’année, le code de gouvernance des grandes sociétés cotées vient d’opérer un toilettage avant la saison des assemblées générales (AG), en introduisant une mixité obligatoire dans les instances dirigeantes et en allant au-delà des exigences de la loi en matière de ratio d’équité.
Dans la foulée du rapport du Haut comité à l’égalité (HCE) de décembre dernier, qui recommande d’atteindre un quota de 20% de femmes dans les comités exécutifs (comex) en 2022 et de 40% en 2024, et avant que le sujet ne passe au Parlement, le patronat a décidé de prendre les devants en introduisant de nouvelles exigences dans le code. Hier le conseil devait s’assurer que soit mise en œuvre «une politique de non-discrimination et de diversité, notamment en matière de représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les instances dirigeantes». Désormais, sur proposition de la direction générale, le conseil «détermine des objectifs de mixité au sein des instances dirigeantes».
S’il est libre de fixer le nombre ou le quota de femmes dans les comex et l’horizon de temps pour y parvenir, le conseil devra en rendre compte dans le rapport annuel, et si les objectifs ne sont pas atteints, proposer des mesures pour y remédier. Cette recommandation sera obligatoire à partir des AG 2021, mais le patronat invite les conseils à publier des objectifs de féminisation dès cette année. Cette modification s’inscrit dans la continuité du vade-mecum de l’Afep sur la féminisation des instances dirigeantes.
S’agissant du ratio d’équité – entre la rémunération des dirigeants mandataires sociaux et celle des salariés – fixé par la loi Pacte, le code a anticipé de probables futures critiques. Alors que le nouvel indicateur ne concerne que les sociétés cotées, parfois des holdings avec peu de salariés, l’Afep-Medef demande à celles qui ont peu de salariés par rapport à l’effectif global en France de prendre un périmètre représentatif – soit au moins 80% des effectifs en France des sociétés du groupe. Un bon rappel à l’ordre à quelques semaines des AG et de la première présentation de ce ratio d’équité.
Les vrais changements sont attendus avec la révision du code et devraient intégrer les demandes de l’AMF, notamment sur le processus de sélection des administrateurs, sur l’indépendance de ces derniers, sur le rôle des censeurs, et sur les rémunérations de long terme en actions.
Plus d'articles du même thème
-
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo. -
Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Les dirigeants du CAC 40, du Dax et du FTSE 100 bénéficient de la même rémunération, entre 6,8 et 7,1 millions d’euros. La part de long terme reste inférieure à 50% en Allemagne. -
Les salariés d’Uniper souhaitent un retour en Bourse de l’énergéticien allemand
Les représentants du personnel craignent qu’une vente du groupe à un acquéreur industriel ou financier entraîne son démantèlement.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier -
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance »