Lafarge veut accélérer la baisse de ses coûts et de sa dette d’ici à 2015

Le cimentier prévoit des économies de coûts supplémentaires de 1,3 milliard d’euros sur 4 ans, après celles de 1,1 milliard réalisées entre 2006 et 2011
Yves-Marc Le Reour
Photo: Bloomberg News
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Alors que Lafarge a déjà largement redéployé ses activités pour construire «un portefeuille équilibré d’actifs de grande qualité, tournés vers les marchés à forte croissance», le PDG Bruno Lafont a jugé hier à l’occasion de la journée investisseurs du groupe que sa capacité de croissance est désormais «davantage corrélée au succès de son offre commerciale qu’à l’augmentation des volumes de ciment ou à l’environnement macroéconomique».

Si l’innovation devrait générer environ 25% du potentiel d’amélioration de l’excédent brut d’exploitation chiffré à 1,75 milliard d’euros entre 2012 et 2015, près des trois quarts de ce montant, soit 1,3 milliard, proviendront des réductions de coûts sur la période, a précisé le cimentier en présentant son nouveau plan d’actions. Ceci constitue une accélération notable par rapport à des baisses de coût de 1,1 milliard réalisées entre 2006 et 2011. Brunot Lafont a confirmé cibler au moins 400 millions d’économies de coûts d’ici à la fin de cette année et il table dorénavant sur «au moins 350 millions» en 2013, contre 100 millions précédemment annoncés.

«Nous comprenons que la réorganisation managériale et l’énergie sont les principales sources d’économies», commentent les analystes d’Oddo Securities. Outre ces efforts de productivité, la limitation des investissements devrait avoir un effet positif sur les cash-flows du groupe. Ce dernier vise donc «au plus tard en 2015, un ratio de cash-flow opérationnel sur dette nette compris entre 28% et 30%» contre 13,2% en 2011. Grâce à des cessions d’actifs non stratégiques, Lafarge estime être en mesure de ramener sa dette nette sous les 10 milliards d’euros «le plus tôt possible en 2013». La plupart des analystes prévoyaient jusqu’à présent un endettement compris entre 10,5 et 11 milliards à cette échéance.

Concernant la prévision d’un retour sur capitaux employés (ROCE) après impôts supérieur à 8% en 2015, le courtier Kepler considère ce chiffre comme «peu glorieux, car il signifie une destruction de valeur pendant huit ans d’affilée, compte tenu d’un coût moyen pondéré du capital estimé à environ 9%». A défaut d’un retour immédiat en catégorie «investissement», la trajectoire de désendettement du groupe et un profil de liquidité solide ont conduit l’agence Fitch à confirmer la note de crédit «BB+» avec perspective stable du cimentier. L’action a terminé la séance en hausse de 2% à 31,3 euros.

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