Lafarge choisit de confier à un industriel l’essentiel de son plâtre

Le cimentier est entré en négociations exclusives avec le groupe belge Etex pour lui céder ses activités plâtre en Europe et en Amérique du Sud
La Rédaction

Aux fonds de private equity qui lorgnaient ses activités plâtre, Lafarge leur a préféré un industriel. Le groupe français a annoncé hier être entré en négociations exclusives avec l’industriel belge Etex pour lui céder ses activités en Europe et en Amérique du Sud, qui représentent les deux-tiers du plâtre du groupe.

La transaction se fait sur la base d’une valeur d’entreprise d’un milliard d’euros mais le montant net perçu s'élèvera à 850 millions d’euros car Lafarge conservera à l’issue de l’opération une participation de 20% dans l’entreprise qui naîtra du rapprochement des activités plâtre des deux groupes. Le français aura la possibilité de céder cette participation à Etex au-delà de cinq ans.

«Nous ne sommes pas dans la meilleure situation du marché de la construction et il y a un potentiel de reprise du marché européen dont nous entendons bénéficier, donc un potentiel de création de valeur supplémentaire grâce au maintien de cette participation», a expliqué Bruno Lafont, le PDG de Lafarge. Cette présence pendant encore cinq ans devrait également faciliter la transition entre les deux groupes, a-t-il ajouté.

Interrogé sur le sort des autres activités plâtre du groupe, en Amérique du Nord, en Asie - où le dossier est plus complexe en raison de la coentreprise avec l’australien Boral - et en Australie, Bruno Lafont a refusé de faire un commentaire.

L’opération va contribuer à réduire l’endettement du groupe qui atteignait 14,2 milliards d’euros à la fin du premier trimestre. Standard & Poor’s a fait savoir que cette annonce n’aurait aucun effet sur les notes ou la perspective du cimentier (BB+/Stable/B). Fitch Ratings a jugé de son côté qu’elle était positive du point de vue du crédit mais qu’il en fallait plus pour une stabilisation de la perspective qui est actuellement négative. Grâce à cette cession, Lafarge dépassera largement l’objectif de désinvestissements de 750 millions d’euros qu’il s’est fixé pour 2011.

Le choix de Lafarge s’est donc porté sur un industriel, alors qu’en 2001 et 2007, il avait cédé ses activités matériaux de spécialités et toitures à des fonds de capital-investissement. Etex est un groupe industriel non coté qui produit et vend des matériaux et systèmes de constructions de haute performance. Basé en Belgique, il emploie plus de 13.500 personnes.

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