L’action Thomas Cook plonge de 28 % après un avertissement sur bénéfices
Les troubles politiques et sociaux dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient affectent davantage que prévu les activités de Thomas Cook, ce qui contraint le deuxième voyagiste européen à lancer un avertissement sur les résultats de son exercice finissant au 30 septembre. Le groupe anticipe à cette échéance «un bénéfice d’exploitation annuel d’environ 320 millions de livres» (364 millions d’euros), soit une baisse de 12% par rapport aux 362,2 millions de livres dégagés durant l’exercice écoulé. Le consensus des analystes interrogés par Reuters tablait pour sa part jusqu’à présent sur un bénéfice d’exploitation moyen de 415 millions, supérieur de 23% aux nouvelles prévisions du groupe.
Les investisseurs ont réagi très vivement à cette annonce en faisant plonger l’action de 28,4% hier à Londres, sa plus forte chute depuis la fusion intervenue en juin 2007 entre Thomas Cook et le britannique MyTravel. Au cours de clôture de 87,9 pence, la capitalisation boursière du voyagiste, qui s’élève à 769 millions de livres, a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année.
Thomas Cook explique que sa branche française «a particulièrement souffert de la baisse de la demande et d’un niveau de marge plus faible lors de la saison haute pour les destinations en Egypte, au Maroc et en Tunisie». De surcroît, l’activité britannique, à l’origine d’environ un tiers de ses profits l’an dernier, continue de pâtir de la faiblesse de la consommation des ménages, ce qui incite le groupe à «réévaluer l’efficacité de son modèle économique outre-Manche».
Les opérations du groupe en Allemagne, ainsi qu’en Europe centrale et septentrionale, dégagent en revanche «un bénéfice d’exploitation global supérieur à celui de l’an dernier». Disposant au total d’environ 900 millions de livres de liquidités (trésorie disponible plus lignes de crédit confirmées), Thomas Cook a réaffirmé sa volonté de renforcer son bilan en cédant certains actifs, notamment dans l’hôtellerie.
«Etant donné l’absence de signes d’amélioration dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient, la faiblesse persistante de la consommation au Royaume-Uni et les prix élevés du brut, on peut difficilement tabler sur un redressement de la situation en 2012», jugent les analystes d’UBS, en n’excluant pas d’autres révisions en baisse plus draconiennes pour l’exercice à venir.
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