La vente partielle d’Universal Music renforcera Bolloré chez Vivendi
Bien engagée, la vente d’une part minoritaire du capital d’Universal Music Group permettra au Groupe Bolloré de renforcer à bon compte sa mainmise sur Vivendi. Le groupe de médias a confirmé hier soir à l’occasion de la publication des chiffres du troisième trimestre que «le cash issu de cette cession pourrait être utilisé pour un programme de rachat d’actions significatif sous forme d’offre publique de rachat d’actions (OPRA) et de potentielles acquisitions». La clé de répartition entre OPRA et acquisitions n’est pas précisée à ce stade par Vivendi.
Une OPRA suivie d’une annulation d’une partie ou de la totalité des actions rachetées augmenterait mécaniquement et sans frais la part de Bolloré au capital de Vivendi. Fin octobre, dans une déclaration à l’AMF, Bolloré avait indiqué détenir 26,31% du capital et 28,54% des droits de vote de Vivendi, ce qui lui laisse peu de marge avant d’atteindre le seuil des 30% du capital au-delà duquel il devrait lancer une offre publique. Il pourrait toutefois apporter une partie de ses actions à l’OPRA pour rester sous ce seuil.
Le consensus des analystes valorise UMG autour de 20 milliards d’euros, soit environ 60% de la valeur d’entreprise de Vivendi. Les analystes d’Oddo BHF l’estiment pour leur part «à 21,8 milliards d’euros». Une cession «de 50% du capital pourrait permettre à Vivendi d’obtenir environ 11 milliards d’euros et de réaliser dans la foulée une opération de rachat d’actions pour 6 milliards», ajoutent-ils. Le courtier Raymond James est plus optimiste encore avec une valeur, obtenue par actualisation des cahs-flows, de 24 milliards d’euros, soit 8,5 le profit opérationnel, bien en dessous du multiple de 14 fois de Spotify.
Lancé cet été, le processus d’ouverture du capital d’UMG est bien engagé. Vivendi a annoncé hier avoir présélectionné une quinzaine de banques afin de l’accompagner «pour identifier un ou plusieurs partenaires stratégiques pour sa filiale». «Des séances de travail seront organisées avec ces banques avant la fin de l’automne» et «après ces discussions, l’objectif est de retenir au final 5 à 7 banques qui seront chargées de trouver les meilleurs partenaires pour UMG», a-t-il expliqué. La cession devrait intervenir d’ici 12 à 18 mois. Selon Oddo BHF, «cette perspective constitue l’un des principaux catalyseurs sur le titre». A 21,02 euros hier, le cours de l’action Vivendi perd 6% depuis le début de l’année.
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