La Saur envisage une augmentation de capital pour abattre son mur de dette
Les négociations sur le refinancement de la Saur vont débuter dans les tous prochains jours. La direction du troisième groupe français d’assainissement et de distribution d’eau, derrière Veolia et Suez, doit recevoir jeudi 1er février la revue d’activité indépendante menée depuis plusieurs semaines par Ernst & Young. Ce document, qui mettra noir sur blanc la situation et les perspectives financières de la société, servira de base aux négociations avec les 63 banques créancières afin de trouver une solution au mur de dette qui menace la Saur. A la fin du premier semestre 2012, Hime, le holding qui porte la dette d’acquisition de la société depuis le LBO de 2007, affichait un ratio de levier intenable de quasiment 10 fois l’excédent brut d’exploitation.
Cette dette bancaire, de 1,6 milliard d’euros, à laquelle s’ajoutent plus de 300 millions «swapés», arrive à échéance en 2014 et gêne le développement commercial du groupe regrette Olivier Brousse, son directeur général, qui visitait vendredi à Toulouse l’un des cinq centres de pilotage opérationnel de la société. Un refinancement sur le marché obligataire «high yeld» est envisageable mais selon Olivier Brousse, «une augmentation de capital est souhaitable» afin de redonner à la Saur les moyens de répondre aux nombreux appels d’offres qui se profilent en France et à l'étranger, là où la société connait ses plus forts taux de croissance. «Les différentes parties prenantes de Hime, actionnaires et créanciers, doivent faire un effort partagé pour que la Saur poursuive son développement», plaide Olivier Brousse. Diviser par deux le niveau de dette serait plus tenable pour la Saur, face un Ebitda annuel de l’ordre de 190 millions d’euros et un cash flow disponible de 85 millions.
Olivier Brousse espère boucler les négociations dans deux ou trois mois. Selon lui, la société ne manque pas de marques d’intérêt, de créanciers actuels et de nouveaux actionnaires. Séché Environnement, qui détient 33% du capital de Hime, a déjà fait savoir publiquement qu’il ne réinvestirait pas. La position des autres actionnaires, le Fonds stratégique d’investissement (38%) et les fonds Axa PE et Cube Infrastructure (29% à eux deux) n’est pas arrêtée. Mais il est peu probable que le FSI, dont la participation dans la Saur est la plus élevée de son portefeuille en termes de pourcentage, réinjecte des fonds propres, son credo étant de rester minoritaire.
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