La RSE prend plus de place dans les assemblées générales du CAC 40
Une saison inédite. «Avec du jamais vu sur le fond et sur la forme, les assemblées générales 2020 marquent un virage, les suivantes ne seront plus comme avant», prévient Caroline de La Marnierre, présidente et fondatrice de Capitalcom à l’occasion du bilan des assemblées du CAC 40 (28 se sont déjà tenues).
Une année placée sous le signe du Covid-19, thématique incontournable et traitée de la même manière par toutes les entreprises. Entre le 20 avril (AG de Vivendi, première de la saison) et la mi-mai, les sociétés ont présenté leur gestion de la crise. A partir de la mi-mai, elles se sont davantage projetées dans l’avenir, expliquant comment elles vont tirer parti de la crise. Le partage de la valeur ajoutée n’est plus à l’ordre du jour, mais le partage des efforts, avec la réduction ou suppression du dividende pour trois sociétés sur quatre, et la baisse de la rémunération des dirigeants pour la moitié des entreprises. Des mesures plutôt bien accueillies, puisque le say-on-pay progresse à 91,85% (contre 88,39% en 2019).
Du fait du confinement, les assemblées, tenues en webcast pour la plupart, ont été plus synthétiques, avec une durée moyenne de 1h40 (contre 2h36 en 2019), concentrées sur la gestion de crise et parfois au détriment de la présentation des plans stratégiques. Le dialogue actionnarial en a pâti, avec seulement 11 minutes d'échanges (contre 46 minutes en 2019). Seuls Capgemini, Renault et Total ont permis à leurs actionnaires de poser des questions en direct. ONG et activistes ont largement usés des questions écrites, notamment le Forum pour l’investissement responsable (FIR), Les Amis de la Terre, et Phitrust. Les secteurs bancaire et de l'énergie étaient particulièrement concernés. Le développement durable est plus que jamais d’actualité, la moitié des questions ayant trait à la responsabilité sociale et environnementale (RSE), contre 15% d’habitude.
Les sociétés veulent donner du sens à leur activités. Toutes ont insisté sur leur utilité, près de 70% ont abordé leur raison d'être, et 11 l’ont présentée pour la première fois en assemblée générale. Une ancre en ces temps de crise. Au-delà d’un simple affichage, Engie a donné des exemples concrets de mise en œuvre. Plus largement, les sociétés ont consacré 15% de leur présentation (contre 10%) à la RSE. BNP Paribas, Kering et Vinci ont fait intervenir sur scène le patron de la RSE, tandis qu’Unibail (URW) voit dans sa politique RSE un moyen de se différencier.
Plus d'articles du même thème
-
DWS envisage de reprendre son ancien nom
La filiale de gestion d’actifs de la Deutsche Bank souhaiterait tirer davantage parti de la notoriété mondiale de la banque allemande. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
La transmission d’entreprise pâtit de la procrastination du dirigeant
Le baromètre Grant Thornton souligne que la déstabilisation des équipes est perçue comme le risque principal d’une opération insuffisamment préparée.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.