La rentabilité d’Ahold pâtit des efforts pour séduire un consommateur morose
Ahold souffle le chaud et le froid. En dévoilant hier des résultats trimestriels (16 semaines au 22 avril) jugés «décevants» par Aurel, le directeur général du distributeur néerlandais, Dick Boer, a tenu à souligner une relative amélioration de la tendance concernant les ventes au cours du trimestre écoulé, une évolution confirmée pendant le trimestre en cours.
Le dirigeant a tout de même réitéré un sentiment de prudence pour le secteur de la distribution alimentaire en 2012, particulièrement en Europe, sur fond de morosité du consommateur et de concurrence toujours plus forte.
Ces facteurs ont déjà incité Ahold au premier trimestre à poursuivre ses efforts sur les prix. De quoi soutenir le chiffre d’affaires (+5% à 9,7 milliards d’euros, +1,9% à changes constants) en dépit d’un calendrier de jours fériés défavorables, Dick Boer se félicitant de parts de marché accrues aux Etats-Unis (près de deux tiers des ventes du groupe) et stables aux Pays-Bas.
Mais cela a aussi créé des tensions sur les marges. Selon Aurel, l'«estimation d’une stabilité de la marge opérationnelle en 2012 (…) pourrait (désormais) se révéler optimiste». Car comme le souligne le courtier, «les enseignes du groupe restent solides mais la pression concurrentielle commence à entamer les marges». Le résultat d’exploitation a ainsi abandonné 6,3% par rapport au premier trimestre 2011, à 416 millions.
Pour un résultat net en recul de 3,1% à 282 millions, inférieur aux attentes. Certes, la marge opérationnelle observée aux Etats-Unis a progressé de 0,3 point par rapport au quatrième trimestre 2011, mais elle reste inférieure de 0,5 point à celle enregistrée il y a un an. Pour l’ensemble du groupe, la marge sous-jacente a cédé 0,4 point à 4,3%.
Ahold entend pourtant conserver l’initiative, à l’image des acquisitions dévoilées ces derniers mois, dans le commerce en ligne (Bol.com) ou avec des magasins Genuardi aux Etats-Unis et C1000 et Jumbo aux Pays-Bas. «Nous continuerons d’investir pour la croissance», a promis le directeur général d’Ahold hier.
En parallèle, le quatrième distributeur mondial va confirmer sa rigueur sur les coûts avec un objectif de 350 millions d’euros sur les trois prochains exercices. Le groupe entend ainsi «tirer parti des rapides évolutions du comportement du consommateur».
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