La rémunération du PDG de Teleperformance reste à des niveaux records
Daniel Julien, PDG de Teleperformance conservera-t-il sa place sur le podium des plus hautes rémunérations du SBF 120 ? Certainement. Il a perçu un total de 19,7 millions d’euros au titre de 2022, contre 19,6 millions l’année précédente. Mais les actionnaires approuveront-ils sa rémunération comme l’an dernier, à 85,6% ? Réponse lors de l’assemblée générale du 13 avril prochain.
Le PDG du gestionnaire de centre d’appels a touché un fixe de 2,5 millions d’euros au titre de 2022, contre 2,2 millions l’année précédente. En réalité, sa rémunération est inchangée depuis 2018 à 2,625 millions de dollars, l’effet change expliquant l’écart. Son variable annuel 2022 est plafonné à 100% du fixe. Le conseil de Teleperformance a estimé que son PDG avait atteint la totalité des critères financiers (80% du variable) et des critères extra-financiers – l’engagement des employés (15%) et la diversité (5%) – malgré la crise de novembre 2022 sur les conditions de travail en Colombie.
Pour ces derniers critères, le conseil s’appuie sur la certification par des organismes indépendants de la satisfaction des salariés. Il précise avoir pris en considération la gestion des allégations à l’encontre du groupe en 2022 en Colombie, où les chiffres de satisfaction ont été confirmés. En outre, 47,8% de femmes occupent un poste d’encadrement (pour un objectif de 40%), même si leur poids se maintient à 25% dans le comité exécutif pour un objectif de 30% pour 2023.
Par ailleurs, le conseil a attribué à Daniel Julien, comme l’an dernier, 50.000 actions de performance, valorisées 14,7 millions d’euros. Les conditions de performance comportent trois critères financiers (85%) et un critère environnemental (15%), la réduction des émissions carbone de scope 1 et 2.
Le ratio entre la rémunération du PDG et la moyenne du salaires des employés en France est de 489 et bondit même à 829 pour la médiane.
A lire aussi : Les objectifs climat sont désormais intégrés dans la rémunération des dirigeants
Nouveaux indicateurs RSE
Prenant notamment en considération les résultats des votes et les commentaires des actionnaires, le conseil de Teleperformance a révisé sa politique de rémunération pour 2023. La rémunération fixe et variable annuelle et de long terme maximum du PDG reste inchangée. Toutefois, les objectifs à atteindre sont plus exigeants – croissance organique du chiffre d’affaires de 7%, contre 5% en 2022, et marge d’Ebita de 15,7% contre 15,4% en 2022, pour 100% du variable annuel. Seule réelle modification, l’introduction de nouveaux critères RSE, avec une mesure de l’indice de confiance et d’un critère relatif au taux d’attrition dans le variable annuel, et avec un indicateur sur les promotions internes dans le variable de long terme.
Les critères RSE pèseront toujours 20% du variable annuel, alors que les critères extra-financiers pèsent en moyenne 37% dans le SBF 120 selon le baromètre IFA - Ethics & Boards - Chapter Zero France.
Prudent, le conseil conserve aussi la possibilité d’ajuster à la hausse ou la baisse les critères des variables, annuel et de long terme, «en cas de survenances particulières».
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