La remontée des marchés revigore les augmentations de capital fractionnées
Les entreprises reprennent goût aux lignes optionnelles de financement en fonds propres (equity line). Après le Groupe Gorgé en mars, Theradiag et Hi-Media viennent de se doter de cet outil qui permet de procéder sur plusieurs mois à plusieurs augmentations de capital fractionnées, souvent dans le but de financer des acquisitions.
Initié en 2013 avec notamment les opérations de la Société de la Tour Eiffel, d’Avanquest Software, de Carmat ou d’Archos, ce regain d’activité suit la remontée des marchés actions. En phase haussière, la ligne optionnelle peut se révéler plus intéressante pour l’émetteur par rapport à une levée de fonds classique. «Une augmentation de capital avec droit préférentiel de souscription ou par placement privé fige le cours de Bourse. Le Paceo (nom du produit à la Société Générale, ndlr) permet de réaliser des levées de fonds fractionnées tout en profitant de la hausse espérée du cours de Bourse sur la période», explique Frédéric Sutterlin, directeur au sein de l’activité opérations stratégiques sur actions de la Société Générale. Ces derniers mois de nombreuses sociétés de biotechnologies ou de technologies médicales ont ainsi eu recours à ce financement en fonds propres, portées par l’appétit des investisseurs pour le secteur.
Signe de cette reprise, le marché espagnol s’est rouvert avec la ligne mise en place par le groupe d’énergies renouvelables Solaria. La dernière remontait à 2008 avec Jazztel. «Auparavant, pour ce type d’opérations en Espagne, il fallait structurer une opération ‘hedgée’ qui avait l’inconvénient d’allonger le processus. La société devait attendre environ un mois avant de percevoir le produit de l’émission. Nos discussions avec l’autorité des marchés financiers espagnole (CNMV) ont permis de valider une structure plus souple et plus rapide», ajoute Frédéric Sutterlin qui a structuré l’equity line de Solaria.
Les montants nominaux de ces opérations restent néanmoins encore relativement modestes, généralement inférieurs à 10 millions d’euros. «Le Paceo peut constituer un sujet sensible pour les actionnaires minoritaires, reconnaît Frédéric Sutterlin. Les termes doivent donc rester raisonnables pour limiter la dilution. La décote maximale varie autour de 5%, avec une taille d’émission inférieure à 10% du capital existant». Ce qui permet aussi de ne pas avoir à rédiger de prospectus.
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