La question de la succession de Maurice Lévy devient un peu plus critique
Maurice Lévy le répétait: le projet de mariage entre Publicis et Omnicom n’était pas lié à sa situation personnelle. La création du numéro un mondial de la publicité venait néanmoins consacrer un règne débuté le 1er janvier 1988 à la présidence du directoire du groupe français. Elle aurait également permis au dirigeant, aujourd’hui âgé de 72 ans, de prolonger un peu plus son mandat. L’accord initial prévoyait en effet que Maurice Lévy et John Wren, le dirigeant d’Omnicom, partagent les commandes du nouveau groupe pendant 30 mois, soit jusqu’à fin 2016, un an après la fin du mandat actuel du président du directoire de Publicis. La rupture vient tout bousculer.
«Le prochain dossier que prendra le conseil de surveillance - et le processus sera mis en œuvre par le conseil bientôt - sera celui de la succession», a reconnu Maurice Lévy vendredi. Le comité des nominations du conseil de surveillance, présidé par Élisabeth Badinter, première actionnaire du groupe, et composé de Michel Cicurel, Henri-Calixte Suaudeau, Michel Halpérin et Gérard Worms, pourrait se saisir de la question d’ici le mois de septembre. Le comité des nominations a déjà eu tout le loisir de se pencher sur les différentes options de la succession de Maurice Lévy. Celle-ci est évoquée depuis 2006. Pourtant, depuis, aucun processus officiel de succession n’a été engagé. Et aucun dauphin officiel n’a été désigné.
Jean-Yves Naouri, directeur général opérationnel de Publicis Group et membre du directoire, faisait figure de favori il y a encore quelques années. Mais la promotion l’an dernier d’Arthur Sadoun à la tête de Publicis Worldwide, le principal réseau publicitaire du groupe, a brouillé les pistes.
Central pour un groupe dirigé depuis 27 ans par le même homme, le sujet de la succession devient encore plus crucial au moment où Publicis va devoir trouver les ressources pour se relancer après avoir consacré près d’un an à négocier son mariage avec Omnicom. La question a d’ailleurs été la première posée à Maurice Lévy lors de la conférence téléphonique organisée vendredi avec les analystes financiers.
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