La question de la dette redevient une priorité pour Derichebourg

Le groupe de recyclage des métaux a cassé l’une de ses clauses de crédit fin mars. Une dispense a été accordée jusqu'à fin décembre 2012
Olivier Pinaud

Touché par le ralentissement de son activité (-6,6 % au premier semestre), Derichebourg se trouve de nouveau confronté à un problème de surendettement. Au premier semestre de l’exercice 2011-2012, l’excédent brut d’exploitation du groupe de recyclage des métaux a chuté de 33%. Résultat, la société n’a pas respecté l’une des deux clauses du crédit bancaire syndiqué de 700 millions d’euros souscrit en 2007 pour refinancer sa dette. Au 31 mars, sa dette financière nette représentait 3,56 fois son Ebitda annuel, alors que le ratio dit de «leverage» ne doit pas dépasser 2,9 fois.

Le groupe, détenu majoritairement par Daniel Derichebourg, a obtenu de ses banques une dispense (waiver) sur cette clause de crédit, la seconde étant respectée avec un ratio de couverture (excédent brut d’exploitation sur frais financiers) de 6,98 bien au-dessus du plancher fixé à 5. Mais cette dispense a un coût. La marge du crédit bancaire a été portée à 3,5% contre 0,95%, pour la période avril-décembre 2012, le temps de trouver une solution plus durable à la dette nette totale de 799 millions d’euros. Les investissements seront notamment limités d’ici la fin de l’exercice.

Mais selon Exane BNP Paribas, la solution pourrait passer, à moyen terme, par une augmentation de capital ou par la cession de la filiale de services aéroportuaires (Servisair, ex-Penauille), dont l’acquisition en 2005 est à l’origine d’une partie des problèmes de dette du groupe. Envisagée il y a quelques mois, l’opération avait été annulée dans l’espoir d’une reprise de l’activité aérienne. Mais au premier semestre 2011-2012, l’Ebitda de Servisair a chuté de 34%. Contactée à plusieurs reprises, la direction du groupe n’était pas disponible pour répondre aux questions de L’Agefi.

Le crédit syndiqué est réparti entre un prêt à moyen terme amortissable de 550 millions d’euros et un prêt revolving remboursable in fine de 150 millions. Concernant le premier, 230 millions ont déjà été remboursés à l’issue de 4 échéances. Le prochain remboursement est prévu pour décembre 2012 pour un montant de 100 millions d’euros. Par ailleurs, le groupe a prévu d’ici au 30 septembre 2012 de substituer un contrat syndiqué d’affacturage sans recours à celui avec recours actuellement en place de 210 millions d’euros afin d’alléger «significativement la dette», explique-t-il dans son rapport de gestion semestriel.

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