La maîtrise du BFR devient une règle de base pour les groupes européens
La stagnation de l’économie en Europe n’a pas empêché les grandes entreprises de la région d’améliorer une nouvelle fois leurs besoins en fonds de roulement (BFR) en 2013, montre la seizième édition de l’étude du cabinet REL (groupe Hackett), publiée en exclusivité par L’Agefi. Réalisée à partir des 933 premiers groupes non financiers cotés en Bourse, originaires de 17 pays européens, l’étude fait ressortir une diminution de 2,4% de leur BFR à 39,6 jours de chiffre d’affaires, contre 40,5 jours l’année précédente en données pro forma.
Si cette amélioration peut sembler légère, elle a été réalisée malgré un repli global de 1,6% de leur chiffre d’affaires et de 40 points de base de leur marge d’exploitation à 9,2%. Toutes les composantes du BFR ont contribué à cette performance, avec des créances clients tombées de 47,6 à 47 jours, une rotation des stocks qui passe de 37,4 à 37,1 jours et une inflexion à la hausse des délais de paiement fournisseurs (44,6 jours contre 44,4 en 2012). Alors que les transports, la construction ou l’agroalimentaire affichent une amélioration notable de leur BFR, celui-ci s’est fortement détérioré dans la haute technologie, ainsi que dans la production d’électricité et de gaz.
Affichant une diminution de leur BFR de 3,2%, les 122 entreprises françaises analysées ont enregistré une amélioration supérieure à la moyenne de l’échantillon européen, ce qui a permis de réduire l’écart avec les autres pays en jours de chiffre d’affaires. Parmi les 10 plus importants groupes français (cf. tableau), seul Airbus, qui vient de rentrer dans ce classement, enregistre une dégradation significative de son BFR en raison d’une rotation plus lente de ses stocks.
Bien qu’elle ait contribué à la hausse de 9% des cash flows libres, qui ont atteint 266 milliards d’euros en 2013, la gestion des BFR européens est loin d’être optimale. «Seulement 14% des sociétés du panel ont enregistré une amélioration de leur BFR sur chacune des trois dernières années», relève l’étude, BMW étant l’unique entreprise à avoir amélioré toutes les composantes de cet indicateur chaque année depuis 2011.
Selon les calculs de REL, «un alignement de l’ensemble des entreprises de l’échantillon sur les meilleurs pratiques de chaque secteur permettrait de générer un gain supplémentaire de 890 milliards d’euros, soit 11,3% de leur chiffre d’affaires cumulé ou 8% du PIB européen en 2013.»
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