La famille Hermès est en train d’apporter ses titres au holding familial

Tous les descendants d’Emile Hermès y participeront, hormis Nicolas Puech, qui logera sa part de près de 6 % au sein d’une fondation
Bruno de Roulhac
Photo: Simon Dawson/Bloomberg
Photo: Simon Dawson/Bloomberg  - 

Mi-décembre, la famille Hermès dévoilera son holding familial, H51, destiné à verrouiller le capital du sellier après l’assaut de LVMH, détenteur de 21,4% du capital. «Bernard Arnault a rendu service à la famille Hermès en lui permettant de relever ce défi et son héritage», confie un proche du dossier. Ce holding, SAS à capital variable, détiendra 50,2% du capital d’Hermès International. Tout est signé. Tous les membres de la famille et leurs sociétés à 100% apporteront une partie de leurs titres. Des reclassements hors marché en vue de la constitution du holding, réalisés au prix unitaire de 130 euros (contre 223,8 euros hier à la clôture), viennent d’être dévoilés sur le site de l’AMF. Seul Nicolas Puech, avec près de 6% du capital, s’est refusé à participer au holding, préférant loger ses actions au sein d’une fondation.

En simplifiant, pour chaque action Hermès apportée, l’actionnaire familial recevra deux actions A et une action B. Les actions B sont bloquées pendant vingt ans. A partir de 2031, les porteurs d’actions B pourront demander le rachat de ces titres contre des actions Hermès. Les actions A permettent une certaine liquidité, mais ne peuvent être transférées qu’entre membres de la famille. En raison de ces statuts, un tiers des dividendes versé par Hermès sera bloqué, tandis que les deux autres tiers serviront en priorité au remboursement de la dette du holding et subsidiairement seront distribués.

Si le holding est créé sans dette, il a la possibilité d’en contracter à la majorité qualifiée de 75%. Un endettement qui doit permettre de racheter les autres titres de la famille, hors du holding, soit environ 13%. Le holding détient en effet un droit de préférence sur ces actions, et également sur les actions B converties en actions Hermès dans vingt ans.

Reste à savoir si la part des dividendes effectivement touchés par les membres de la famille suffira à payer leur ISF, alors que leur participation a bondi de 42% depuis le début de l’année.

Parallèlement, l’Adam s’est pourvue en cassation le 10 novembre après la confirmation de la dérogation au dépôt d’une OPA donnée à la famille. Aux motifs, d’une part que le principe du contradictoire n’a pas été respecté, l’Adam n’ayant pas eu communication de l’intégralité des pièces du dossier; d’autre part que la dérogation n’aurait pas dû être accordée en raison du changement de contrôle. Ce pourvoi permettra à la Cour suprême de redéfinir la notion de concert.

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