La directive droit des actionnaires est jugée trop prescriptive
Dans la perspective de la nouvelle Commission européenne, l’Institut français des administrateurs (IFA) s’est penché lors d’une matinale sur les grands chantiers européens. Parmi eux figure la nouvelle directive droit des actionnaires, qui doit passer devant le Parlement européen à l’automne.
Le volet concernant la rémunération des dirigeants prévoit que les Etats membres fixent un niveau maximal de rémunération totale et un pourcentage maximal de la part variable. Les entreprises devraient donner le ratio avec la rémunération moyenne des autres salariés. Le «say on pay», instauré par la directive, prévoit un vote ex ante sur la politique de vote tous les trois ans, et un vote annuel ex post sur le rapport de rémunération.
Des intervenants se sont montrés réticents face à ce système – d’autant que le «say on pay» qui existe depuis longtemps au Royaume-Uni et aux Pays-Bas n’a pas empêché la crise – mais s’accordent en revanche sur la nécessité de lier la rémunération à des critères de performance à long terme. Zineb Bennani, responsable de la recherche gouvernance chez Mirova, filiale ISR de Natixis AM, propose un partage de la valeur entre dirigeants, salariés, actionnaires et Etat (via l’impôt).
Les investisseurs anglo-saxons, très opposés à la directive droit des actionnaires, la jugent trop prescriptive et comportant des mesures qui se sont pas en adéquation avec les objectifs poursuivis. «Les règles devraient se limiter à des principes et ne pas rentrer dans les détails, qui relèvent de la responsabilité du conseil d’administration sous le regard des actionnaires », explique Aldo Cardoso, administrateur de sociétés. Ce dernier invite à travailler sur le conseil, pour le renforcer et conforter l’indépendance des administrateurs, et défend l’importance d’une dissociation de la fonction de président et de directeur général. Or, le raccourcissement actuel des mandats des administrateurs ne va pas dans le sens du renforcement du conseil, estime Aldo Cardoso, qui s’interroge aussi sur la diversité des conseils (femmes, étrangers..) ?
La directive est «une avancée positive, estime cependant Zineb Bennani. Il est essentiel de demander plus de responsabilités et de transparence de la part des investisseurs. Toutefois, il ne doit pas y avoir de distorsions entre les investisseurs européens, seuls concernés par la directive, et les investisseurs étrangers bénéficiant d’un passeport européen».
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon