La dette d’Hinkley Point crée un nouveau casse-tête pour EDF
En plus de Flamanville, EDF est confronté à un second casse-tête. Les difficultés financières d’Areva rendent en effet impossible sa participation au financement du futur EPR britannique d’Hinkley Point, développé sur le modèle de Flamanville. Initialement, Areva devait acquérir 10% du capital de la société de projet, ce qui aurait permis à EDF de limiter sa propre part sous le seuil des 50% et de ne pas avoir ainsi à consolider la dette du chantier. Le coût total de la construction d’Hinkley Point est estimé à 16 milliards de livres (22 milliards d’euros), dont 65% financés au prix du marché par une dette sans recours garantie par Infrastructure UK, une structure publique affiliée au Trésor britannique.
La semaine dernière, lors de l’annonce du nouveau surcoût de Flamanville, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a indiqué espérer signer la décision d’investissement d’Hinkley Point dans les meilleurs délais, alors que les négociations se poursuivent. «La répartition des 10% du capital qui revenaient à Areva fait partie des discussions en cours avec les autres partenaires du projet, les groupes d’énergie chinois CGN et CNNC», explique une source proche. Dans le projet initial, CGN et CNNC devaient se partager 30% à 40%. Si ces 10% peuvent être repris par un nouvel investisseur, rares sont les candidats à vouloir s’engager à ce stade dans un chantier aussi coûteux et aussi long. D’autant que l’expérience de Flamanville n’est pas faite pour les rassurer.
La solution pour EDF pourrait passer par une gouvernance adaptée de la société du projet Hinkley Point. Il lui suffirait pour cela de ne pas détenir la majorité du conseil de surveillance. La dette pourrait alors être comptabilisée par mise en équivalence. La composition du conseil fait partie des discussions actuelles.
Compte tenu de son bilan actuel, lesté par 37,5 milliards d’euros de dette nette à fin juin 2015, EDF ne peut pas se permettre d’avoir à consolider la totalité de la dette d’Hinkley Point. Selon Natixis, le surcoût de Flamanville va déjà augmenter de 10 points de base le ratio dette nette sur Ebitda du groupe, à 2,12 fois. Les analystes ajoutent que l’impact sur le cash sera également important, les frais financiers étant stockés en immobilisations corporelles le temps de la construction.
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