La conjoncture dégradée pèse sur la trésorerie des grandes entreprises en cette fin d'été
Les turbulences financières de l’été n’ont pas épargné la trésorerie des grandes entreprises françaises. Dans sa dernière enquête réalisée entre le 5 et le 15 septembre, l’AFTE COE-Rexecode constate une dégradation générale de leurs indicateurs de trésorerie et de financement. Le solde d’opinion sur la trésorerie d’exploitation, en restant toujours positif (0,3% contre 3,6% en août et 6,8% en juillet), passe ainsi sous sa moyenne de long terme (3,8% entre 2005 et 2011). «Désormais, les trésoreries ne sont considérées comme aisées que pour une minorité de trésoriers», souligne l’enquête. Si la majorité des professionnels interrogés estime que ce poste est à un niveau normal, 16% d’entre eux juge la situation «difficile».
Le repli est encore plus prononcé pour l’indicateur de trésorerie globale qui devient fortement négatif (-9,2% après -5,3 en août et -4,9% en juillet). Pour les 27% d’entreprises touchées par cette dégradation, l’environnement macroéconomique moins favorable explique à hauteur des deux tiers cette détérioration, le reste étant imputable à la reprise de l’investissement.
Les tensions affectant les marges payées sur les crédits bancaires se sont par ailleurs renforcées, avec un solde d’opinion en ce sens au plus haut depuis l’été 2009. Il atteint 22,8% en septembre contre 19,6% le mois précédent et 7,8% en mai dernier. Alors que la recherche de financement était jusqu’au début de l’été considérée comme normale, le retournement de tendance est également confirmé avec un solde à -6,7% en septembre contre -2,6% en août. Après un point bas atteint à l’automne 2010, les délais de paiement des clients se rallongent encore avec un solde d’opinion à 19,2% (17,5% en août et 15,8% en juillet).
L’impact du taux de change euro/dollar sur la trésorerie des entreprises est de plus en plus marqué, avec un solde d’opinion de -16,5%, «proche de ses plus bas depuis que l’enquête existe». Près d’une société interrogée sur deux (45%) considère que ce facteur a une influence, le plus souvent défavorable, sur l’évolution de sa trésorerie. Le seul élément positif de cette enquête est le rôle moins important joué par le prix du pétrole. Si le solde d’opinion demeure négatif à -11,8% ce mois-ci, il s’est fortement amélioré depuis mai où il était à -43,3%.
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