La Compagnie des Alpes profite du mélange entre Euro PP et crédit syndiqué

Le groupe a profité du renouvellement de ses lignes bancaires pour placer 100 millions d’euros d’obligations à 10 ans, à un meilleur prix
Olivier Pinaud

Quatre ans après une première émission non notée de 200 millions d’euros, la Compagnie des Alpes (CDA) vient de faire son retour sur les pistes obligataires avec un placement privé sous format Euro PP de 100 millions d’euros à 10 ans. «Nous étions régulièrement sollicités depuis 18 mois pour émettre un Euro PP. Nous avons failli nous lancer en novembre, mais la publication des résultats annuels début décembre et l’arrivée prochaine de l’échéance de notre crédit syndiqué nous ont amené à envisager une opération plus globale début 2014», explique Victoire Aubry, directrice financière du premier exploitant mondial de stations de ski. La patience a payé car entre temps le marché est devenu encore plus favorable. «Le coupon a été arrêté à 3,5% alors que nous entrevoyions de l’ordre de 4,20% quatre mois plus tôt», sourit Victoire Aubry.

L’opération montre que «l’Euro PP est parfaitement complémentaire d’un renouvellement des lignes de dette bancaire», indique Muriel Nahmias de Bfinance qui a conseillé la société. D’autant que dans le cas de la CDA, «la maturité longue correspond bien à la nature des actifs de la société, laissant au crédit syndiqué le soin de financer les pics de saisonnalité et les besoins ponctuels, tout en permettant d’assurer un niveau de liquidité très confortable». Les négociations en parallèle ont aussi permis à la CDA d’optimiser son coût de financement, se félicite Victoire Aubry: «la demande de renouvellement du crédit syndiqué a représenté plus de 2 fois le montant visé, ce qui nous a permis de monter jusqu’à 260 millions d’euros, avec des conditions financières divisées par près de deux par rapport aux précédentes, pour une maturité rallongée à 5 ans plus 2 ans potentiels. Ce contexte favorable nous a convaincu de proposer une maturité longue, à 10 ans, pour l’Euro PP.»

Encore relativement rare, cette maturité pourrait devenir plus courante pour les meilleurs émetteurs. «En choisissant ces maturités longues, les investisseurs, dans le cadre de leur gestion actif-passif, recherchent du rendement dans un contexte de taux particulièrement bas», indique Clémence Berroëta, responsable des placements privés de dette corporate chez CA CIB qui a arrangé l’Euro PP avec CM-CIC. Toutefois, selon elle, «ces émissions long terme restent à ce jour réservées à une poignée d’investisseurs Euro PP, certains n’étant pas encore équipés pour se positionner sur des maturités supérieures à 7 ans.»

{"title":"","image":"81034»,"legend":"Euro PP»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...