La Compagnie des Alpes profite du mélange entre Euro PP et crédit syndiqué
Quatre ans après une première émission non notée de 200 millions d’euros, la Compagnie des Alpes (CDA) vient de faire son retour sur les pistes obligataires avec un placement privé sous format Euro PP de 100 millions d’euros à 10 ans. «Nous étions régulièrement sollicités depuis 18 mois pour émettre un Euro PP. Nous avons failli nous lancer en novembre, mais la publication des résultats annuels début décembre et l’arrivée prochaine de l’échéance de notre crédit syndiqué nous ont amené à envisager une opération plus globale début 2014», explique Victoire Aubry, directrice financière du premier exploitant mondial de stations de ski. La patience a payé car entre temps le marché est devenu encore plus favorable. «Le coupon a été arrêté à 3,5% alors que nous entrevoyions de l’ordre de 4,20% quatre mois plus tôt», sourit Victoire Aubry.
L’opération montre que «l’Euro PP est parfaitement complémentaire d’un renouvellement des lignes de dette bancaire», indique Muriel Nahmias de Bfinance qui a conseillé la société. D’autant que dans le cas de la CDA, «la maturité longue correspond bien à la nature des actifs de la société, laissant au crédit syndiqué le soin de financer les pics de saisonnalité et les besoins ponctuels, tout en permettant d’assurer un niveau de liquidité très confortable». Les négociations en parallèle ont aussi permis à la CDA d’optimiser son coût de financement, se félicite Victoire Aubry: «la demande de renouvellement du crédit syndiqué a représenté plus de 2 fois le montant visé, ce qui nous a permis de monter jusqu’à 260 millions d’euros, avec des conditions financières divisées par près de deux par rapport aux précédentes, pour une maturité rallongée à 5 ans plus 2 ans potentiels. Ce contexte favorable nous a convaincu de proposer une maturité longue, à 10 ans, pour l’Euro PP.»
Encore relativement rare, cette maturité pourrait devenir plus courante pour les meilleurs émetteurs. «En choisissant ces maturités longues, les investisseurs, dans le cadre de leur gestion actif-passif, recherchent du rendement dans un contexte de taux particulièrement bas», indique Clémence Berroëta, responsable des placements privés de dette corporate chez CA CIB qui a arrangé l’Euro PP avec CM-CIC. Toutefois, selon elle, «ces émissions long terme restent à ce jour réservées à une poignée d’investisseurs Euro PP, certains n’étant pas encore équipés pour se positionner sur des maturités supérieures à 7 ans.»
{"title":"","image":"81034»,"legend":"Euro PP»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les Etats-Unis ont moins créé d'emplois que prévu en juin
Les créations de postes sont ressorties à 57.000 le mois dernier et elles ont été révisées à la baisse au titre du mois de mai. -
PARTENARIATDette émergente : d’une allocation tactique à un pilier stratégique des portefeuilles
Longtemps considérée comme une allocation de niche, la dette des marchés émergents a profondément évolué. Amélioration des fondamentaux, diversification accrue et rendements attractifs redéfinissent aujourd’hui son rôle dans l’allocation d’actifs. Dans un environnement marqué par l’incertitude, cette classe d’actifs s’impose progressivement comme une composante stratégique, à condition d’en saisir la complexité et d’adopter une approche active et sélective. -
L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance une consultation sur les implications opérationnelles du règlement IA pour les banques et compagnies d’assurance. La notion nouvelle d’éthique algorithmique, introduisant de nouvelles dimensions de non-discrimination des personnes physiques, remet en cause certaines pratiques du secteur.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
TribunePas de progrès technologique sans transparence ni sécurité – par Pierre-Antoine Vacheron
Face à l’explosion des paiements pilotés par l’intelligence artificielle, les premières transactions agentiques en Europe posent une question cruciale sur la confiance et la transparence des nouvelles technologies -
PariMarché du travail, bureaucratie, fiscalité : la thérapie de choc de Friedrich Merz pour l'Allemagne
Confronté à une croissance en berne, le chancelier allemand a dévoilé un catalogue de mesures, mais patronat et experts doutent d’un réel effet levier sur l’économie -
TribuneIA dans la banque : le grand saut — par Niccolo Ubertalli
Alors que la banque mondiale mise sur l’IA générative pour révolutionner ses services, la France accuse un retard stratégique inquiétant face aux géants américains et asiatiques