Ingenico se renforce dans les services intégrés de paiement en ligne

Le groupe français a entamé des négociations exclusives en vue de racheter Global Collect pour une valeur d’entreprise de 820 millions d’euros
Yves-Marc Le Réour

Après avoir racheté Ogone l’an dernier, Ingenico a annoncé hier soir être entré en négociations exclusives en vue d’acquérir Global Collect, spécialiste des services de paiement en ligne, pour une valeur d’entreprise de 820 millions d’euros. Les négociations menées avec les actionnaires de la cible, dont le fonds d’investissement Welsh, Carson, Anderson & Stowe, «devraient aboutir à la signature d’un accord à la mi-septembre et la transaction sera normalement bouclée au début du quatrième trimestre», a précisé lors d’une conférence téléphonique Philippe Lazare, PDG d’Ingenico, qui n’anticipe pas d’obstacle émanant des autorités de la concurrence.

Basé à Amsterdam, Global Collect qui emploie plus de 500 salariés dans le monde entier a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires brut de 305 millions d’euros avec une marge brute d’exploitation ajustée de 16,5%. L’Amérique du Nord représente 36% de son activité, contre 35% pour l’Europe, 23% pour l’Asie-Pacifique et 6% pour l’Amérique latine. Ingenico entend ainsi renforcer sa couverture géographique hors d’Europe et bénéficier de l’expertise particulière de sa cible dans le commerce en ligne transfrontalier. Il accédera à près de 600 e-commerçants internationaux de premier plan et accroîtra sa présence sur le marché des transactions sans carte, en cohérence avec sa stratégie visant à atteindre une position de leadership dans les services de paiement multicanaux.

Cette opération sera financée sur la trésorerie existante du groupe à hauteur de 220 millions d’euros et par un recours à la dette bancaire pour 600 millions d’euros. Cette ligne de crédit «a été garantie par deux grands établissements bancaires», a indiqué le groupe dont le ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation s’élèvera à environ 3 fois à la fin de cette année avant de redescendre à environ 2 fois à fin 2015, compte tenu de sa bonne génération de cash flow.

En intégrant en année pleine cette acquisition, Ingenico vise un chiffre d’affaires pro forma 2016 supérieur à 2,2 milliards d’euros, contre une estimation de 1,8 milliard auparavant, avec une marge brute toujours attendue au-dessus de 20%. La transaction devrait également se traduire par «un effet positif d’environ 15% sur le bénéfice par action dès 2015, avant allocation du coût d’acquisition», le groupe n’ayant à ce stade fourni aucun chiffre sur l’étendue des synergies potentielles.

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