Imperial Tobacco se renforce sur le rentable marché américain du tabac
Le rachat de Lorillard, troisième cigarettier américain, par Reynolds America, numéro deux du secteur, pour environ 25 milliards de dollars (18,4 milliards d’euros), donne l’occasion au britannique Imperial Tobacco de se renforcer sur le marché américain du tabac, le deuxième du monde en volume, et le plus rentable.
Dans le cadre de ce rapprochement et pour anticiper d’éventuelles demandes des autorités de la concurrence américaines, Imperial Tobacco, quatrième acteur mondial, acquerra auprès de Reynolds les marques Kool, Salem, Winston, Maverick, les cigarettes électroniques «blu eCigs» – qui détiennent près de la moitié de ce marché aux Etats-Unis – et d’autres actifs pour 7,1 milliards de dollars en numéraire. Après ajustements des bénéfices fiscaux estimés à 1,5 milliard de dollars, le prix net ressort à 5,6 milliards de dollars, soit un multiple de 6,9 fois l’Ebitda, a précisé le producteur de tabac britannique.
«C’est une très bonne affaire», s’est félicitée Alison Cooper, directrice générale d’Imperial Tobacco. En effet, le groupe verra sa part de marché aux Etats-Unis passer de 3%, avec sa marque Gold USA, à 10%, et occupera la troisième place du secteur au lieu de la cinquième auparavant. Les Etats-Unis pèseront désormais près d’un quart du chiffre d’affaires tabac du groupe.
Imperial financera cette acquisition entièrement par dette mais compte conserver une note en catégorie investissement, grâce aux cash flows importants provenant des actifs acquis. Le groupe est noté «BBB» par S&P et Fitch, mais «Baa3», à un cran du high yield, par Moody’s, qui vient de placer sa note, comme Fitch, sous surveillance négative.
Reynolds offre l’équivalent de 68,88 dollars (50,50 dollars en cash et 0,2909 action Reynolds) par action Lorillard, soit une prime de 40% sur le cours de 28 février avant les premières rumeurs, valorisant le producteur de cigarettes mentholées Newport 27,4 milliards de dollars dette comprise.
Après ce mariage, le marché américain du tabac sera contrôlé à 90% par le duopole Altria et Reynolds. Avec plus de 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 5 milliards de résultat opérationnel, Reynolds détiendra environ un tiers du marché. Le nouvel ensemble mise sur 800 millions de dollars de synergies de coûts. Pour sa part, British American Tobacco investira 4,7 milliards de dollars dans le nouvel ensemble afin de maintenir sa participation à hauteur de 42%.
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