IKKS engage la restructuration de sa dette
Depuis la double rupture de covenant, l’issue était devenue inévitable. En annonçant hier avoir conclu avec une partie de ses prêteurs un accord dit de standstill, permettant de geler sa situation financière, IKKS a donné le coup d’envoi à la restructuration de sa dette, devenue insupportable pour le groupe de prêt-à-porter. Une procédure qui confirme les difficultés du secteur. Avant IKKS, Vivarte ou Camaïeu ont été contraints de restructurer leur dette LBO.
Cet accord tient jusqu’au 20 octobre et permet à IKKS de suspendre le paiement des coupons de sa dette obligataire sans que cela déclenche un événement de défaut. Le groupe devait payer 10,8 millions d’euros à ses prêteurs mi-juillet. Selon une source proche, l’objectif est de trouver un accord de refinancement de la dette d’ici au mois de septembre.
Possible conversion de la dette en actions
En plus de la restructuration de la dette actuelle, composée essentiellement de 320 millions d’euros d’obligations, le plan initial prévoit l’apport d’environ 70 millions d’euros supplémentaires grâce à la mise en place d’un nouveau financement super senior. Des fonds de dette auraient déjà manifesté leur intérêt. L’objectif est de mettre en adéquation l’endettement avec l’Ebitda. Actuellement, les quelque 38 millions d’euros d’Ebitda annuel ne permettent pas de faire face aux 22 millions d’euros de coupon annuel de la dette obligataire, aux 15 millions d’investissement et aux 15 millions de BFR. Selon une source proche, après le trou d’air du début d’année, qui a provoqué la rupture de covenant, l’activité se porte mieux. A fin mai, le chiffre d’affaires a augmenté de 4,5%, soutenu par une croissance de 16% des ventes en ligne.
La restructuration pourrait passer par la conversion d’une partie de la dette obligataire en actions ce qui créerait probablement des tensions entre actionnaires et prêteurs. IKKS est contrôlé à 70% par LBO France, Roger Zannier, l’ancien propriétaire détenant encore environ 30% du capital. Hier, le cours des obligations s’est de nouveau enfoncé pour tomber à 44,6 sous le pair.
IKKS est conseillé par Rothschild & Co et Allen & Overy.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques acceptent les conditions de Casino pour soutenir sa restructuration
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
Plusieurs porteurs d’obligations du groupe de Patrick Drahi lui ont envoyé une notification de défaut après qu’il a mis des actifs en dehors de leur portée. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : plusieurs ambassades américaines appellent leurs ressortissants à « envisager de quitter » la région
Les représentations américaines en Jordanie, en Israël et en Irak ont demandé samedi à leurs ressortissants de se préparer à quitter la région en cas d'escalade. L'avertissement intervient alors que Donald Trump menace de frapper l'Iran « très fort » et que de nouvelles attaques touchent le Koweït et le détroit d'Ormuz -
Perte sècheA cause des effets des canicules sur le Rhin et le Danube, le prix du transport fluvial explose en Allemagne
Les longues barges transportant des matières premières doivent réduire drastiquement leur chargement pour pouvoir circuler dans de faibles niveaux d'eau. -
Après l’afflux record de migrants à Ceuta, l’Europe s’alarme et se déchire
L’arrivée de quelque 60 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta a provoqué une crise politique à l’échelle européenne. L’Italie, la Finlande et le Danemark réclament un durcissement des mesures contre l’Espagne, tandis que la France, l’Allemagne et Bruxelles privilégient le soutien à Madrid et le renforcement des frontières extérieures