Icade sème la discorde entre la CDC et le Crédit Agricole
Il est rarissime que deux grands investisseurs institutionnels français mettent leurs divergences sur la place publique. C’est pourtant ce qui arrive aujourd’hui à la Caisse des dépôts et au Crédit Agricole. L’objet de la discorde ? Icade, l’un des plus gros acteurs de l’immobilier de bureaux et de la promotion en France. La foncière cotée est née dans l’orbite de la Caisse des dépôts, qui détient encore 40% du capital. Changement de décor l’été dernier : le Crédit Agricole est devenu par le biais de sa filiale d’assurance le deuxième actionnaire d’Icade. Avec plus de 18% du capital, la banque réclame logiquement une meilleure représentation au conseil d’administration. La Caisse des dépôts y règne pour l’instant en maître, avec 8 représentants issus de ses rangs sur les 13 membres du conseil. Le Crédit Agricole, qui n’a pour l’instant qu’un seul siège au d’administrateur, en souhaiterait deux de plus.
D’ordinaire, ces questions de gouvernance se règlent entre gens de bonne compagnie dans un cadre feutré. Mais les deux groupes, qui négocient encore, ne sont pas parvenus à s’accorder dans les temps. Le Crédit Agricole a donc décidé d’en appeler directement aux actionnaires d’Icade, qui se réuniront le 25 avril en assemblée générale. Ces dissensions sont d’autant plus étonnantes que les deux investisseurs ont l’habitude de travailler côte à côte dans d’autres dossiers : ils ont par exemple pris ensemble, avec Vinci, le contrôle de l’aéroport de Lyon il y a deux ans. L’explication serait à chercher du côté de la Caisse des dépôts. L’institution publique craint de ne plus être majoritaire au conseil d’Icade, et donc ne plus pouvoir consolider à 100% dans ses comptes les résultats de la foncière, comme elle le fait aujourd’hui. Si le sujet est si sensible, c’est qu’il survient dans un moment de profonde remise en question du rôle de la Caisse des dépôts. Appelé à recentrer ses missions, le groupe pourrait dans les prochains mois se délester de certaines de ses grandes participations, comme ses 40% dans l’assureur CNP.
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