Iberdrola et Endesa sont mis à contribution par le gouvernement espagnol
Le verdict est tombé vendredi. Après des semaines de tractations et de spéculations, le ministère espagnol de l’Industrie a détaillé le projet de réforme de l’énergie qui doit permettre de combler les pertes d’exploitation annuelles du secteur provoquées par le fossé entre les coûts de production réels (génération, transport, distribution…) et les prix de revente de l’électricité. Au total, le secteur de l’énergie espagnol a accumulé 24 milliards de déficits.
L’ensemble des décisions révélées vendredi doit rapporter 2,7 milliards d’euros par an. Selon José Manuel Soria, le ministre de l’Industrie, ce gain permettra d’équilibrer les comptes du secteur dès 2013. Une première série de mesures et de réductions des coûts avait été adoptée en début d’année.
Le secteur sera imposé à différents niveaux. Une taxe de 2.190 euros par kilo sera appliquée sur les déchets nucléaires. Gain espéré: 270 millions d’euros en année pleine. Une charge de 22% sur le chiffre d’affaires sera également imposée aux producteurs d’électricité hydraulique, un taux nettement plus élevé qu’anticipé. Mais le gros des recettes fiscales supplémentaires viendra d’une taxe de 6% sur le chiffre d’affaires rapporté par les activités de génération d’électricité. Le montant est légèrement inférieur aux chiffres de 7% à 7,5% qui circulaient récemment. Et, contrairement à ce qui avait été initialement envisagé, toutes les énergies, thermiques et renouvelables, sont soumises au même traitement.
Iberdrola et Endesa, les deux premiers producteurs d’électricité du pays, sont aux premières loges. Pour Iberdrola, l’impact sur l’Ebitda est estimé à environ 300 millions d’euros par an, soit 4% du montant annuel consolidé. Les deux électriciens espagnols ont fortement contesté ces derniers mois la mesure, menaçant de saisir les tribunaux. Deux jours avant l’annonce du projet du gouvernement, le directeur général d’Iberdrola avait de toute façon annoncé que cela ne changerait rien à sa politique de dividende et que si le gouvernement touchait aux revenus du groupe, il taillerait dans ses coûts pour compenser la perte de chiffre d’affaires. Le projet du gouvernement doit encore être débattu au parlement avant d’être approuvé. La mise en œuvre est espérée pour le 1er janvier.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Peut-on interdire la théorie du « grand remplacement » comme le réclame le maire de Trappes ?
Ali Rabeh a appelé vendredi à l’interdiction de la théorie raciste du « grand remplacement », qui aurait « armé » le tireur de l’attentat des Yvelines. Le constitutionnaliste Benjamin Morel s’inquiète d’une mesure « contre-productive » qui risquerait de contrevenir à la liberté d’expression. -
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad