Hugo Boss ravive les perspectives de concentration dans le luxe
Concentrée depuis quelques mois autour des jeunes créateurs, la consolidation du secteur du luxe pourrait prendre une nouvelle ampleur. Selon Bloomberg, Permira réfléchirait à vendre sa part résiduelle de 50% au capital d’Hugo Boss. Aucune décision définitive n’a encore été prise, mais le timing correspondrait à l’horizon d’investissement du fonds. Permira était devenu le premier actionnaire du groupe allemand en 2007 à l’occasion du rachat de Valentino. Une opération fructueuse. La valeur d’Hugo Boss a un peu plus que doublé, sans compter les dividendes. A la Bourse de Francfort, la part de 50% de Permira est valorisée un peu moins de 3,7 milliards d’euros.
Le fonds s’est progressivement allégé au capital d’Hugo Boss depuis novembre 2011. Trois cessions de blocs lui ont permis de réduire sa part de 72% à 50%, dont un dernier placement de 6% en mai 2014. La vente de sa participation résiduelle est plus compliquée à mettre en œuvre. La loi allemande exige la mise en œuvre d’une offre aux actionnaires minoritaires dès lors que plus de 30% du capital passent entre les mains d’un seul investisseur.
Malgré cette contrainte, les analystes d’Exane BNP Paribas estiment que Hugo Boss pourrait intéresser «une grande variété d’investisseurs, du private equity aux industriels en passant par les fonds souverains». Le groupe allemand offre un retour sur capitaux employés de plus de 40% avec un dividende qui procure un rendement de l’ordre de 4%. Hugo Boss représente «un actif attractif pour un groupe de luxe en raison de son exposition aux marchés en forte croissance à la fois dans les vêtements pour hommes et les produits de luxe d’entrée de gamme», ajoutent les analystes de BofA Merrill Lynch. Selon leurs calculs, un repreneur du secteur pourrait espérer dégager environ 80 millions d’euros par an de synergies, soit 4% de la base de coûts. LVMH, Kering et Richemont font figure d’acheteurs potentiels favoris, estime Exane BNP Paribas.
Pour un fonds de private equity, la logique serait plus financière. Le rachat de Hugo Boss, suivi d’un réendettement de la structure, permettrait de faire remonter un milliard d’euros de dividendes, calcule BofA Merrill Lynch.
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