GVT continue d’alimenter les discussions entre Vivendi et Telecom Italia
Vivendi n’est officiellement pas vendeur de son opérateur brésilien de télécoms. Mais l’insistance des acheteurs pourrait le faire changer d’avis. Alors que Telefonica a déposé début août un projet d’offre de rachat de GVT pour un montant de 6,7 milliards d’euros, Telecom Italia explore un peu plus la possibilité d’une contre-attaque. Le groupe italien souhaiterait ainsi préserver ses intérêts au Brésil où il est le numéro deux de la téléphonie mobile derrière la filiale locale de Telefonica. Il est soutenu en cela par le gouvernement italien qui a vu dans le mouvement de Telefonica, le premier actionnaire de Telecom Italia, une opération hostile.
Selon la presse italienne, Marco Patuano, l’administrateur délégué de l’opérateur italien, a discuté personnellement de son projet hier avec Vincent Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi. Ce dernier connaît bien le monde des affaires italien. Il détient un peu plus de 8% du capital de la banque Mediobanca. Les deux groupes ne font pas de commentaires. Vivendi avait indiqué début août que son conseil de surveillance examinerait l’offre non sollicitée de Telefonica lors de sa réunion du 28 août, destinée initialement à approuver les résultats semestriels.
Selon le quotidien Il Messaggero, Marco Patuano pousse à une alliance capitalistique et financière entre GVT et la filiale mobile de Telecom Italia au Brésil, TIM Participacoes. Le montage ressemblerait à celui proposé par Telefonica, avec une augmentation de capital à la clé et une entrée de Vivendi au capital de Telecom Italia. «Etant donné l’offre à 6,7 milliards d’euros de Telefonica sur GVT, nous pensons que TI aura vraisemblablement besoin d’une augmentation de capital conséquente pour financer une offre concurrente», indique Citigroup, dans la limite de 10% du capital.
Ce paiement en actions Telecom Italia n’est pas forcément bien vu pour Vivendi. Il ferait ressurgir autour du groupe «le spectre du conglomérat sans stratégie ni direction claire», avec la décote qui va avec, redoutent les analystes de Bernstein. A moins, élaborent-ils, que Telecom Italia ne serve à faire la courte échelle au groupe pour monter au capital de Mediaset Premium, l’activité de télévision payante de la société de Silvio Berlusconi. Ce qui ne manquerait pas toutefois de compliquer les relations avec Telefonica, le partenaire espagnol de Mediaset.
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