GE offre moins de cash pour Alstom

La nouvelle structure de JV proposée par l’américain vise à répondre aux attentes de l’Etat
Olivier Pinaud
Jeff Immelt, PDG de General Electric. Photo Bloomberg.
Jeff Immelt, PDG de General Electric. Photo Bloomberg.  - 

La réunion aujourd’hui à l’Elysée avec François Hollande et ses ministres pourrait encore décider d’une autre issue. Mais compte tenu des aménagements proposés hier par Jeff Immelt, le PDG de General Electric, Alstom ne semble plus pouvoir échapper au groupe américain face à l’offre du duo Siemens-Mitsubishi Heavy. Certes plus complexe et moins attractive en matière de cash que la première, la nouvelle proposition de GE répond aux attentes de l’Etat sur l’avenir des activités sensibles d’Alstom, notamment dans le nucléaire. Le conseil d’Alstom devrait se prononcer ce week-end.

«Malgré les aménagements, le cœur de notre projet reste le même», a assuré hier soir Jeff Immelt, quelques heures après une réunion jugée «constructive» avec le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg et une première rencontre avec les syndicats d’Alstom. Toutefois, et même si la valorisation de 12,35 milliards d’euros est confirmée pour les activités du groupe français dans l’énergie, l’équilibre de l’offre est fortement modifié.

Initialement, GE prévoyait d’acheter 100% de la division énergie d’Alstom pour 12,35 milliards d’euros. Le montage prévoit désormais la reprise à 100% des activités dans les turbines à gaz et la création de trois coentreprises (JV) à 50-50, mais dirigées opérationnellement par GE: l’une dans les turbines à vapeur, utilisées dans les centrales nucléaires françaises, l’autre dans les réseaux électriques (grid) et la dernière dans les énergies renouvelables (hydroélectrique et éolien en mer).

La première JV permettrait de sanctuariser la technologie nucléaire d’Alstom grâce à des actions préférentielles accordant un droit de veto et des droits de gouvernance spécifiques à l’Etat. GE propose en outre de confier à une structure ad hoc, entièrement détenue par l’Etat français, la propriété intellectuelle d’Alstom dans le nucléaire. La seconde JV serait constituée en partie par les actifs de GE dans les réseaux, en plus de ceux d’Alstom. En revanche, pour monter à 50% dans la JV pour les énergies renouvelables, actifs entièrement apportés par Alstom, GE achèterait sa participation. Ces trois JV seront complétées par l’apport à Alstom des activités de GE dans la signalisation ferroviaire, afin de renforcer le futur périmètre du groupe français, recentré sur les trains.

Complexe, et proche de la solution proposée par le duo Siemens-MHI, ce montage nécessitera un ajustement du prix payé par GE. Les 12,35 milliards d’euros de cash promis initialement devront être ajustés de la valeur des actifs apportés par GE mais aussi de la valorisation des parts de chaque partenaire dans les JV ou des conditions de sortie envisagées. Hier, Jeff Immelt a refusé de donner un chiffre estimé sur le cash que GE devra verser au final à Alstom, indiquant que les valorisations n’avaient pas encore été arrêtées. Mais le PDG de GE a assuré que ce sera supérieur aux 7 milliards offerts par Siemens-MHI.

La proposition du duo germano-japonais valorise les activités de turbines à vapeur, de réseaux et d’hydro à 9,75 milliards d’euros. En n’en prenant que la moitié, les JV entre GE et Asltom seraient ainsi valorisées sur cette base à 4,8 milliards, ce qui donnerait environ 7,55 milliards d’euros pour la composante en cash, sans compter toutefois la valeur de l’activité signalisation de GE. Moins favorable à court terme aux actionnaires d’Alstom, ce nouveau montage a fait plier le cours de l’action de 6,1% hier à 27,70 euros.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...