Forvia confirme ses objectifs après un semestre pénalisé par l’inflation
Forvia, l'équipementier automobile né au début de l’année du rapprochement entre Faurecia et le groupe allemand Hella, a confirmé lundi ses perspectives annuelles alors que ses résultats semestriels ont pâti de l’environnement inflationniste.
A la Bourse de Paris, l’action Faurecia s’adjuge 1,1% vers 9h30, à 17,71 euros, après avoir pris plus de 4% à l’ouverture, signant l’une des plus fortes hausses du SBF 120.
JP Morgan qualifie les résultats semestriels de l'équipementier de «résilients» et apprécie la génération de trésorerie positive du groupe sur la période. «Dans l’ensemble, il s’agit d’une bonne performance dans un marché perturbé par la hausse de l’inflation, les arrêts de production et la pénurie persistante de puces qui affectent les volumes globaux», souligne la banque.
Pour l’exercice 2022, qui inclut la consolidation de Hella sur 11 mois, Forvia compte toujours réaliser des ventes comprises entre 23 milliards et 24 milliards d’euros. L'équipementier entend également dégager une marge opérationnelle comprise entre 4% et 5% et générer un flux de trésorerie net à l'équilibre. Cet objectif de trésorerie inclut environ 100 millions d’euros de constitution de stocks de sécurité pour faire face aux risques de pénurie d'énergie en Europe.
Forvia a bâti ces prévisions en se basant sur une hypothèse de production mondiale d’environ 74 millions de véhicules légers cette année. L'équipementier vise par ailleurs un ratio de dette nette rapporté à l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté de 3 à la fin de l’année.
Charge exceptionnelle liée à la Russie
Le groupe a confirmé ses prévisions alors que ses résultats ont reculé au premier semestre. Forvia a accusé une perte nette part du groupe de 296 millions d’euros, contre un bénéfice de 146 millions d’euros un an plus tôt. Le bénéfice a notamment été pénalisé par une charge exceptionnelle de 87 millions d’euros liée à des coûts non récurrents en Russie, pays qui représente historiquement moins de 1% du chiffre d’affaires du groupe, a souligné le directeur financier, Olivier Durand, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. Le dirigeant a indiqué que Forvia poursuivait une activité «extrêmement limitée» en Russie, en respectant les sanctions internationales.
Le résultat opérationnel s’est inscrit à 426 millions d’euros, contre 510 millions d’euros au premier semestre 2021, pour une marge correspondante de 3,7%, contre 6,6% un an plus tôt. Selon un consensus cité par Invest Securities et JPMorgan, les analystes attendaient en moyenne un résultat opérationnel de 410 millions d’euros.
Le groupe a pâti de l’environnement inflationniste, Forvia estimant l’impact brut total de l’inflation à 500 millions d’euros au premier semestre. La société a atténué cet impact pour environ 400 millions d’euros principalement grâce «à des politiques contractuelles de répercussion sur les matières premières à 80% en moyenne et à des négociations avec les clients».
«Néanmoins, cette répercussion de l’inflation sur les clients à marge nulle a eu un effet dilutif sur la marge opérationnelle d’environ 100 points de base au premier semestre 2022», a indiqué Forvia. L'équipementier estime que cet impact net devrait être plus faible sur la seconde partie de 2022 «car les mesures d’atténuation continueront à être efficaces sans le décalage de temps connu au premier semestre».
Forte surperformance par rapport à la production automobile
Les ventes du premier semestre se sont établies à 11,6 milliards d’euros, en progression de 49,3% sur un an en données publiées grâce à l’intégration des résultats de Hella de février à juin. A périmètre et taux de changes constants, les ventes ont progressé de 9%, ce qui représente une performance supérieure de 960 points de base à l'évolution de la production automobile mondiale, en baisse de 0,6% sur les six premiers mois de 2022.
Le flux de trésorerie libre net s’est établi à 102 millions d’euros, à comparer avec un flux positif de 290 millions d’euros au premier semestre 2021.
Le ratio de dette nette sur Ebitda s’est inscrit à 3,1 au 30 juin.
Le groupe a également indiqué que son programme de cession d’actifs d’un milliard d’euros d’ici à fin 2023 était en cours et contribuerait à la poursuite de son désendettement. «La première opération sera réalisée cette année», a indiqué Olivier Durand.
Interrogé sur un potentiel rachat des quelque 18% du capital de Hella que Forvia ne possède pas, Olivier Durand a répondu que la priorité du groupe était de se désendetter.
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