Fincantieri ouvre le bal des privatisations en Italie
A la recherche de fonds pour tenir ses engagements de réduction de la dette, l’Italie accélère le tempo des privatisations. Le gouvernement de Matteo Renzi a donné son feu vert à l’ouverture du capital de Fincantieri, les chantiers navals du pays, numéro un occidental des paquebots.
L’opération passera par l’émission de nouvelles actions, pour un montant de 600 millions d’euros, destinée à refinancer l’acquisition en 2013 du norvégien Vard qui lui a permis de doubler de taille et de devenir le quatrième chantier naval au monde. Le groupe avait émis 300 millions d’euros d’obligations l’an dernier pour payer cette acquisition. La cotation des actions devrait avoir lieu dans le courant du mois de juin et permettra à Fintecna, la holding de tête de la société, contrôlée à 80% par la Cassa dei depositi, de réduire sa participation à 49%.
D’autres ouvertures de capital et cessions de titres devraient rapidement suivre. Le dossier Enav, la société de contrôle aérien du pays, est le plus avancé. Sace, la Coface italienne, devrait également venir grossir les rangs de la Bourse de Milan, ainsi que Reti, l’infrastructure de transport de l’électricité ou bien encore Grande Stazioni, la filiale des chemins de fer italiens qui gère les 13 plus grandes gares du pays. Ferrovie dello Stato fait également figure de candidat à la Bourse.
Enfin, le capital de la Poste est appelé à être ouvert. Mais le dossier s’annonce compliqué, en raison d’un risque social important. La Poste et sa filiale bancaire emploient 140.000 personnes, ce qui en fait le premier employeur du pays. Le Trésor devrait dans ce cas conserver dans un premier temps la majorité du capital, avant de réduire progressivement sa part, comme il l’a fait dans le passé pour Eni ou Enel. Une partie des derniers titres Eni toujours détenus par l’Etat pourraient d’ailleurs être prochainement vendus en Bourse.
Volontaire et lancé par le prédécesseur de Matteo Renzi, le plan de cessions d’actifs a récemment été jugé très «ambitieux» par la Banque d’Italie. Le président du Conseil souhaite récupérer ainsi 0,7% du PIB chaque année. Or, la Banque d’Italie rappelle qu’au cours des dix dernières années le Trésor n’a fait remonter que 0,2% du PIB via des cessions d’actifs dans les caisses de l’Etat.
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