Facebook ne se fait pas que des amis avec son introduction en Bourse
Annoncée comme l’opération de l’année, l’introduction en Bourse de Facebook ne sera pourtant pas un modèle du genre en matière de traitement des actionnaires. Outre les interrogations sur le niveau de la valorisation, estimée à 100 milliards de dollars pour 668 millions de dollars de bénéfice net en 2011, de plus en plus de voix s’élèvent contre la gouvernance du groupe. La structure de l’opération permettra en effet à Mark Zuckerberg, le cofondateur et dirigeant de Facebook, de conserver le pouvoir même s’il ne détiendra plus qu’une partie minoritaire du capital du site internet.
Deux actionnaires de classe différente se partageront en effet le capital du groupe. D’un côté, les détenteurs d’actions A, achetées lors de la mise en Bourse. A chaque titre sera associé un droit de vote. De l’autre côté, des détenteurs d’actions B, dont les pouvoirs sont décuplés: 10 droits de vote par titre. Or, Mark Zuckerberg détient déjà à lui seul 28,4% des actions de classe B. Et compte tenu des accords conclus avec le cofondateur de Facebook, Dustin Moskovitz, et son premier président, Sean Parker, Mark Zuckerberg s’est également assuré la gestion des 30,6% d’actions B détenues par ses deux associés. Le dirigeant est donc certain de conserver le contrôle exclusif de Facebook après sa mise en Bourse, jusqu’à ce que les actions de classe B ne représentent plus que 9,1% du capital cumulé du groupe, précise le document de référence transmis à la SEC.
Cette structure d’opération n’est pas nouvelle. Elle a par exemple été appliquée lors des introductions en Bourse de LinkedIn ou de Zynga l’an dernier. Mais cette fois, elle fait un peu plus grincer des dents du côté des investisseurs que Facebook devrait lever près de 5 milliards de dollars sur le marché, ce qui reviendrait à donner un blanc-seing à Mark Zuckerberg sur la façon d’employer cette somme. Le fonds de pension Ontario Teachers s’est ainsi récemment ému de cette différence de traitement entre actionnaires. Hermes, le fonds qui gère notamment les avoirs de l’opérateur britannique BT, a également fait part de son mécontentement.
Mi-février, le cabinet de conseil en vote, ISS, a lui aussi critiqué une opération qui use de «pratiques rétrogrades». Mais ISS doute que cela suffise à détourner les investisseurs d’un dossier dont les chiffres de croissance font tourner les têtes.
Plus d'articles du même thème
-
Bpifrance innove avec les premières obligations ESN dédiées aux PME
La banque publique a réussi le 9 juin une émission inaugurale stratégique d’«European Secured Note» (ESN). Ce programme-test pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le financement des PME, si important pour la Commission européenne dans le cadre de l’Union des marchés de capitaux. -
La correction sur la tech s’amplifie
Le Nasdaq a poursuivi sa baisse mardi tandis que la Bourse de Séoul a chuté de 10%, affectée par les ventes massives des particuliers qui investissent avec du levier. -
L’Europe a tous les atouts pour affirmer sa souveraineté économique
Le cabinet d’intelligence économique Vélite invite à passer à l’action. La coopération européenne et le développement d’une souveraineté numérique française constituent des axes clés.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
Sur le filCorse : la France insoumise offre une victoire décisive aux autonomistes
Octroyant un statut d’autonomie à l’île, le projet de révision constitutionnelle défendu par le gouvernement a été approuvé par les députés. Le plus dur reste à venir pour le camp des autonomistes -
L'été meurtrierCongé climatique, virage sur la clim… l'idéologie des Verts à l'épreuve de la canicule
Les fortes chaleurs ont poussé Marine Tondelier, la leader des Ecologistes, à revoir certains dogmes sur l’adaptation au réchauffement climatique. Manifestement pas son rapport à la valeur travail. -
Récit nationalLe message caché de Macron derrière ses panthéonisations
Chaque entrée au Panthéon donne l'occasion au chef de l'Etat de s'adresser au pays pour écrire le récit national d'une Ve République héritière de la Résistance, des Lumières et de l'universalisme