Eurofins préserve sa structure financière grâce à son émission hybride

L’abondement de 150 millions d’euros réalisé la semaine dernière fait diminuer le levier, qui avait augmenté avec la récente acquisition de ViraCor IBT
Alexandre Garabedian

Eurofins Scientific prend goût à la dette hybride. Le fournisseur de services de bio-analyse a abondé la semaine dernière de 150 millions d’euros en valeur nominale sa souche de titres super-subordonnés à durée indéterminée, portant à 300 millions la taille de cette ligne qui comporte une option de rachat en 2020. Il s’agit en fait de la quatrième fois que le laboratoire a recours à ce type de financement, comptabilisé à 100% en fonds propres en normes IFRS et à 50% par les analystes crédit. Une première souche de 100 millions avait été émise en 2007, puis abondée à hauteur de 50 millions, avant d’être refinancée début 2013 par la ligne actuelle.

Grâce à cet emprunt, Eurofins Scientific va pouvoir baisser un levier de dette nette qui atteignait 1,76 fois l’Ebitda ajusté fin 2013 mais qui a augmenté depuis. Le groupe a en effet racheté 12 laboratoires au premier semestre, notamment l’américain ViraCor IBT pour 255 millions de dollars (187 millions d’euro), une transaction bouclée au 1er juillet.

«Comparé aux chiffres à fin 2013, nous calculions un ratio dette nette/Ebitda pro forma de 2,4 fois post-acquisition de ViraCor-IBT. Grâce à l’abondement de 150 millions sur la dette hybride, ce ratio retomberait à 1,9 fois», soulignent les analystes crédit d’Oddo. Soit loin de la limite de 3,5 fois fixée dans les clauses de la dette.

L’entreprise, dont la souche traitait à un rendement de 4,3% sur le marché secondaire, a profité de la baisse des taux et des spreads. «L’émission de janvier 2013 avait été placée à 7%. Cette fois, Eurofins Scientific a emprunté à un rendement de 5%, ce qui ramène le coût moyen de son quasi-capital à 6%», souligne Jean-Philippe Brioudes, directeur du département debt capital markets chez HSBC, qui a dirigé la transaction avec BNP Paribas.

Le placement a été réalisé le 10 juillet dans un contexte de marché difficile, en raison des craintes suscitées par la situation de la banque portugaise BES. «L’émetteur visait 100 à 150 millions d’euros et a annoncé jeudi matin une taille minimale de 50 millions. Le livre d’ordres a atteint 180 millions d’euros, avec des demandes de bonne qualité émanant à la fois de comptes qui avaient déjà souscrit en 2013 et de nouveaux investisseurs, ce qui nous a permis de lever le maximum souhaité», indique Jean-Philippe Brioudes. Le papier a été placé à 39% en France, 27% en Allemagne et en Autriche et 24% au Benelux.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...