Eurofins préserve sa structure financière grâce à son émission hybride
Eurofins Scientific prend goût à la dette hybride. Le fournisseur de services de bio-analyse a abondé la semaine dernière de 150 millions d’euros en valeur nominale sa souche de titres super-subordonnés à durée indéterminée, portant à 300 millions la taille de cette ligne qui comporte une option de rachat en 2020. Il s’agit en fait de la quatrième fois que le laboratoire a recours à ce type de financement, comptabilisé à 100% en fonds propres en normes IFRS et à 50% par les analystes crédit. Une première souche de 100 millions avait été émise en 2007, puis abondée à hauteur de 50 millions, avant d’être refinancée début 2013 par la ligne actuelle.
Grâce à cet emprunt, Eurofins Scientific va pouvoir baisser un levier de dette nette qui atteignait 1,76 fois l’Ebitda ajusté fin 2013 mais qui a augmenté depuis. Le groupe a en effet racheté 12 laboratoires au premier semestre, notamment l’américain ViraCor IBT pour 255 millions de dollars (187 millions d’euro), une transaction bouclée au 1er juillet.
«Comparé aux chiffres à fin 2013, nous calculions un ratio dette nette/Ebitda pro forma de 2,4 fois post-acquisition de ViraCor-IBT. Grâce à l’abondement de 150 millions sur la dette hybride, ce ratio retomberait à 1,9 fois», soulignent les analystes crédit d’Oddo. Soit loin de la limite de 3,5 fois fixée dans les clauses de la dette.
L’entreprise, dont la souche traitait à un rendement de 4,3% sur le marché secondaire, a profité de la baisse des taux et des spreads. «L’émission de janvier 2013 avait été placée à 7%. Cette fois, Eurofins Scientific a emprunté à un rendement de 5%, ce qui ramène le coût moyen de son quasi-capital à 6%», souligne Jean-Philippe Brioudes, directeur du département debt capital markets chez HSBC, qui a dirigé la transaction avec BNP Paribas.
Le placement a été réalisé le 10 juillet dans un contexte de marché difficile, en raison des craintes suscitées par la situation de la banque portugaise BES. «L’émetteur visait 100 à 150 millions d’euros et a annoncé jeudi matin une taille minimale de 50 millions. Le livre d’ordres a atteint 180 millions d’euros, avec des demandes de bonne qualité émanant à la fois de comptes qui avaient déjà souscrit en 2013 et de nouveaux investisseurs, ce qui nous a permis de lever le maximum souhaité», indique Jean-Philippe Brioudes. Le papier a été placé à 39% en France, 27% en Allemagne et en Autriche et 24% au Benelux.
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