En renouant avec la croissance, Technicolor tourne le dos à sa restructuration

Le chiffre d’affaires du groupe de technologies numériques a progressé de 2,2% en 2012. Le cash flow disponible est supérieur aux attentes
Olivier Pinaud

Vector peut se féliciter de s’être bagarré au printemps dernier avec JPMorgan pour emporter le droit de recapitaliser Technicolor. A 2,74 euros vendredi soir, le cours de l’action du groupe de technologies vidéos et numériques est supérieur au prix de 2 euros payé par le fonds d’investissement américain lors de l’augmentation de capital. Surtout, les voyants financiers de l’ancien Thomson sont repassés dans le vert.

En 2012, le chiffre d’affaires de Technicolor a progressé de 2,2% à données comparables, pour monter à 3,58 milliards d’euros. Le groupe n’avait plus connu de croissance organique depuis l’exercice 2007. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a progressé de 7,8% à 512 millions. Et sans l’amende de 38,6 millions infligée fin 2012 par la Commission européenne dans l’affaire du cartel des fabricants de téléviseurs, Technicolor a dégagé un bénéfice net de 22 millions, contre une perte de 324 millions en 2011. Un rétablissement concrétisé par la génération de 106 millions d’euros de flux de trésorerie disponible, près de deux fois supérieure aux attentes, grâce notamment à des charges de restructuration en baisse (29 millions contre 83 millions en 2011). En deux ans, le groupe a dégagé près de 200 millions d’euros de flux de trésorerie.

«La génération de cash flow disponible démontre la pertinence économique et financière du périmètre du groupe», apprécie Stéphane Rougeot, le directeur financier de Technicolor. Sur ce plan, le groupe pense pouvoir faire mieux en 2013 avec une progression attendue du cash flow disponible d’au moins 30%. De quoi contribuer à poursuivre le remboursement de la dette nette (839 millions d’euros à sa valeur nominale fin 2012), pour la faire passer sous 1,25 fois l’Ebitda. De quoi également envisager des acquisitions ciblées, selon Stéphane Rougeot, soit pour compléter le portefeuille de brevets du groupe, soit pour accélérer le développement des nouvelles activités. Enfin, dans les décodeurs, si le groupe a retrouvé de la croissance dans les pays émergents, son problème de taille reste à régler dans un secteur en pleine concentration. Une acquisition ou une société commune avec un partenaire sont envisagées.

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