Elior va lever 700 millions d’euros en Bourse pour se désendetter

Le groupe de restauration vise une croissance annuelle moyenne de 7% de son chiffre d’affaires sur 2015-2017 et une marge d’Ebitda de 9% en 2017
Bruno de Roulhac

En enregistrant hier son document de base auprès de l’AMF, Elior ouvre la dernière phase de son retour en Bourse, attendu mi-juin. Le groupe de restauration a pour objectif de lever environ 700 millions d’euros dans le cadre d’une augmentation de capital, afin de se désendetter. A l’issue de l’opération, «il y aura au minimum 30 à 35% du capital sur le marché», a expliqué hier Olivier Dubois, directeur financier d’Elior.

Si le montant de 4 milliards d’euros de valorisation est fréquemment avancé, le management s’est refusé à commenter ce chiffre.

Entré en Bourse en 2000, Elior en est sorti en 2006 après son rachat pour 2,5 milliards d’euros par Charterhouse, qui détient actuellement 62,4% du capital aux cotés de Chequers, qui possède 7,8%. Robert Zolade, co-fondateur du groupe, en détient 24,8% et a déjà manifesté son intention de rester l’actionnaire de référence. Fin septembre 2013, date de clôture du dernier exercice, Elior affichait une dette nette de 2,18 milliards d’euros, soit un ratio dette nette sur Ebitda de 4,9 fois. Ce ratio devrait tomber à 3,25 fin septembre 2014 et évoluer à moyen terme entre 2,5 et 3, a ajouté Olivier Dubois.

En s’appuyant sur deux piliers – restauration collective et restauration de concession – et sur la construction de champions nationaux – le groupe est numéro un en France, en Italie et en Espagne –, Elior vise une croissance organique de 3,5% de son chiffre d’affaire en moyenne annuelle sur 2015-2017, soit une croissance globale moyenne de 7% sur la période avec les opérations de croissance externe, contre +10% sur la période 2009-2013. Arrivé l’an dernier sur le marché américain avec l’acquisition de TrustHouse Services (THS), Elior y est numéro cinq dans la restauration collective et numéro deux dans les concessions. Il compte profiter de cette plate-forme pour se renforcer aux Etats-Unis.

A horizon 2017, Elior vise une marge opérationnelle (Ebitda) de 9%, contre 7,8 à 8,8% sur 2009-2013. Cette amélioration proviendrait notamment du redressement des marges dans les activités de concessions en Europe du Sud, qui commencent à redémarrer après plusieurs années de crise. En 2013, le groupe a dégagé 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 424 millions d’euros d’Ebitda et 2,4 millions de bénéfice net. Elior présentera ses résultats semestriels, clos le 30 mars, le 9 mai aux analystes et espère le visa de l’AMF pour la fin mai.

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