Elior nourrit le flux des IPO à Paris

Le groupe précise ce matin son projet de retour en Bourse qui vise à faciliter la sortie de ses actionnaires
Olivier Pinaud
La mise en Bourse d’Elior permettra à Charterhouse et à Chequers de préparer leur sortie du capital après quasiment huit années d’investissement. Photo Gilles Rolle / REA.
La mise en Bourse d’Elior permettra à Charterhouse et à Chequers de préparer leur sortie du capital après quasiment huit années d’investissement. Photo Gilles Rolle / REA.  - 

Elior est dans l’antichambre de la Bourse de Paris. Le groupe de restauration collective détaillera ce matin son projet de retour en Bourse, huit ans après l’avoir quittée lors de son rachat par Charterhouse aux côtés de Chequers Capital et de son fondateur, Robert Zolade. Avec une capitalisation estimée autour de 4 milliards d’euros, Elior confirme l’intérêt des ETI françaises pour la Bourse, après les entrées récentes de Numericable ou de GTT, et celles annoncées de Coface, de Spie et peut-être de Monier.

Le retour d’Elior confirme aussi que la Bourse est redevenue la voie privilégiée par les fonds d’investissement pour céder leurs participations, dont beaucoup d’entre elles ont été constituées au milieu des années 2000, période faste des LBO. Cinven et Carlyle ont ainsi profité de la mise en Bourse de Numericable pour réaliser leur investissement. Hellman & Friedman en a fait de même avec GTT. Clayton Dubilier & Rice, Ardian et la Caisse de dépôt et placement du Québec suivront ce schéma à l’automne prochain, lors de l’arrivée annoncée de Spie sur le marché.

Si les valorisations se sont fortement redressées en Bourse depuis près de 18 mois, grâce à une remontée de 45% du CAC 40 depuis juin 2012, «la liquidité offerte par le marché constitue un critère tout aussi important pour les fonds de private equity», reconnaît Cédric Chaboud, gérant du fonds Skylar de la SPGP qui investit à l’occasion d’introductions en Bourse ou quelques semaines plus tard. Selon lui, les récents dossiers placés par des «sponsors» n’ont pas révélé de vrais excès de valorisation, les fonds préférant parfois réduire le prix offert et le montant mis en vente pour profiter plus tard, lors de placements secondaires, d’une appréciation du titre.

La mise en Bourse d’Elior permettra ainsi à Charterhouse et à Chequers de préparer leur sortie du capital après quasiment huit années d’investissement, parfois tendues. Après une première tentative en 2011, le groupe est parvenu à renégocier sa dette bancaire en 2012 pour rallonger sa maturité de 2014 à 2017. Les différentes tentatives de cession d’Elior ont par ailleurs toutes échouées. Charterhouse détient 62,4% du capital d’Elior, une participation acquise en 2006 pour 2,5 milliards d’euros. Robert Zolade, co-fondateur d’Elior, contrôle 24,7% et Chequers Capital 7,8%.

Depuis quelques mois, Elior a retrouvé des performances plus solides, malgré un marché encore compliqué en Europe. Au premier trimestre de l’exercice 2013-2014, la croissance organique de son chiffre d’affaires a atteint 2,3% contre un taux de 1,1% lors du dernier exercice. Sa marge d’Ebitda est restée relativement stable à 7,5%, malgré moins de jours travaillés. Enfin, le cash-flow opérationnel est quasiment revenu à l’équilibre (-4,6 millions) contre -20,8 millions d’euros un an auparavant. A fin décembre 2013, Elior portait une dette de 2,25 milliards d’euros, soit 5,1 fois son Ebitda pro forma.

En fonction des conditions de marché, plus nerveuses depuis quelques semaines, l’introduction en Bourse d’Elior devrait être finalisée dans le courant du mois de juin. Deutsche Bank, JPMorgan, HSBC et Crédit Agricole se chargeront du placement auprès des investisseurs. La société est conseillée par Rothschild.

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