EDF ne profite pas de l’envolée de ses ventes au premier trimestre
L’action EDF a reculé de 2,5% mercredi après que le groupe énergétique a indiqué que la forte hausse de son chiffre d’affaires au premier trimestre n’aurait qu’un impact «limité» sur son excédent brut d’exploitation (Ebitda) en 2022, en raison notamment de la baisse de sa production.
Pour les trois premiers mois de cette année, le chiffre d’affaires d’EDF a atteint 35,58 milliards d’euros, contre 21,95 milliards d’euros à la même période de l’année dernière. Le chiffre d’affaires a bondi de 61% à périmètre et taux de change constants, grâce aux prix élevés de l'électricité et du gaz, a indiqué le groupe dans un communiqué.
Le groupe a précisé que la hausse de son chiffre d’affaires s’expliquait par des «effets prix favorables», liés notamment à l’augmentation de 4% du tarif réglementé au 1er février.
Cependant, sur l’ensemble de l’exercice 2022, «l'évolution du chiffre d’affaires n’aura qu’un impact limité en Ebitda», a souligné EDF.
En 2022, l’Ebitda d’EDF sera affecté à hauteur de 10,2 milliards d’euros par les mesures décidées en début d’année par le gouvernement français pour limiter la hausse des prix de l'électricité, a confirmé le directeur financier du groupe, Xavier Girre, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.
Impact de la baisse du nucléaire revu à 14 milliards d’euros
En outre, «le recul de la production nucléaire pénalisera l’Ebitda en raison des achats nécessaires sur les marchés de gros dans un contexte de forte hausse des prix», a ajouté EDF.
Le groupe a revu mercredi en légère baisse l’effet négatif de ce recul de la production sur l’Ebtida 2022. En se basant sur les prix du marché au 21 avril 2022, cet impact devrait être d’environ 14 milliards d’euros, contre une précédente estimation de 16 milliards d’euros communiquée en mars, a expliqué Xavier Girre.
Le dirigeant a par ailleurs confirmé la prévision d’une production nucléaire en France comprise entre 295 et 315 térawattheures (TWh) en 2022, contre 360,7 TWh en 2021. La production du groupe est limitée par des arrêts liés à un programme de contrôles et de réparations des tuyauteries potentiellement concernées par un phénomène de corrosion sous contrainte décelé sur plusieurs réacteurs l’an dernier. Xavier Girre a également confirmé la prévision de production du groupe pour 2023, comprise entre 300 et 330 TWh.
Au premier trimestre, la production d'électricité d’origine nucléaire en France s’est établie à 91,7 térawattheures (TWh), en repli de 7,5 TWh sur un an, «en raison d’une moindre disponibilité du parc nucléaire» suite à la découverte de ce phénomène de corrosion, a indiqué EDF. Le groupe a ajouté que les analyses sur le sujet se poursuivaient et que des échanges avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) étaient «en cours».
«Il est trop tôt» pour chiffrer le coût des mesures correctrices car les inspections et tests sont toujours en cours, a souligné mercredi Xavier Girre. En outre, les solutions étudiées par EDF dépendent de la position de l’ASN, que le groupe attend d’ici fin mai, a précisé le directeur adjoint de la division de production nucléaire, Régis Clément, lors de la conférence téléphonique.
Lancement de la deuxième phase du grand carénage
Dans ce contexte, EDF a lancé la deuxième phase du programme de grand carénage, qui vise à améliorer la sûreté et à poursuivre le fonctionnement des réacteurs du parc nucléaire au-delà de 40 ans, sur une période allant de 2022 à 2028 et pour un coût estimé à environ 33 milliards d’euros.
De son côté, la production hydraulique en France a baissé au premier trimestre de 31,5% sur un an, à 9,4 TWh, «en raison d’une moindre hydraulicité», a ajouté EDF.
«Au premier trimestre 2022, le groupe est en position net acheteur du fait de la moindre production nucléaire et hydraulique, contrairement au premier trimestre 2021 où il était net vendeur. L’impact sur le chiffre d’affaires est estimé à -215 millions d’euros», a précisé EDF.
Le groupe a par ailleurs confirmé ses ambitions pour 2023, à savoir un ratio d’endettement net sur Ebitda d’environ 3 fois et un ratio de dette économique ajustée sur Ebitda ajusté de 4,5 à 5 fois.
Au Royaume-Uni, les travaux de construction de la centrale EPR d’Hinkley Point C se poursuivent, mais les risques pesant sur le calendrier et les coûts du projet ont augmenté depuis le dernier point d'étape du groupe en janvier 2021, a indiqué EDF. Les risques se sont accrus en raison notamment des conséquences de la pandémie de Covid-19, du Brexit, du conflit en Ukraine et de la perturbation des approvisionnements.
«Un nouvel examen complet du calendrier et des coûts d’achèvement est en cours et devrait être achevé au deuxième trimestre de 2022», a ajouté EDF.
Concernant le conflit en Ukraine, EDF a indiqué ne pas être exposé à des entreprises russes soumises aux sanctions internationales «à ce jour», mais a souligné que la situation avait des répercussions indirectes, du fait de la forte volatilité des matières premières, de l’augmentation des prix de marché et de tensions sur les chaînes d’approvisionnement du groupe.
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