EADS et Boeing crient tous les deux victoire sur les aides d’Etat à Airbus
La décision rendue hier par l’instance d’appel de l’organisation mondiale du commerce (OMC) va-t-elle mettre fin au litige existant depuis des années entre Airbus et Boeing concernant les aides publiques? On peut en douter, tant les surprises ont été grandes sur ce dossier. A partir de 2004, les deux premiers avionneurs mondiaux ont en effet rompu une trêve qui durait depuis les années 1990, en obtenant de leurs responsables politiques le dépôt de deux plaintes simultanées contre les aides publiques accordées à l’autre, chaque jugement ayant fait l’objet de recours par la partie adverse. A en juger par la réaction de l’Europe et des Etats-Unis, estimant tous deux que le verdict de l’OMC leur est favorable, le feuilleton devrait encore rebondir.
Invalidant les conclusions rendues par un groupe d’experts de l’OMC à la mi-2010, l’instance d’appel de l’OMC a estimé que les aides au lancement accordées à Airbus pour produire l’A 380 n’étaient pas illégales. L’Union ne devrait donc pas être contrainte «d’abandonner ses subventions dans un délai de 90 jours» après le premier jugement. «Nous constatons que l’OMC a donné son feu vert sans aucune restriction aux instruments de partenariat public-privé avec la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni», commente Thomas Enders, président d’Airbus, filiale d’EADS. Il a ajouté que ce verdict permettra de continuer ce type de partenariat dans le futur. Le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht a souligné que «l’accusation américaine centrale selon laquelle Airbus a reçu des subventions interdites à l’exportation a été rejetée dans son intégralité». Bruxelles va désormais étudier en détail ce rapport «pour déterminer les prochaines étapes de ce contentieux».
Les Etats-Unis font de leur côté état d’une «victoire définitive». Tim Reif, conseiller du bureau américain des représentants du commerce, considère ainsi comme essentielle la reconnaissance d’un «préjudice porté à notre industrie au cours des vingt dernières années» suite à des subventions «qui ont faussé les règles du marché». Boeing a ajouté que l’OMC a bien confirmé qu’Airbus avait reçu «18 milliards de dollars» de subventions non conformes aux règles du commerce international, ce qui a permis à l’avionneur européen de ravir à son concurrent américain la place de premier avionneur mondial.
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