Dassault Aviation mise sur la start-up française Harmattan AI
L’avionneur Dassault Aviation a annoncé lundi participer à une levée de fonds de série B de 200 millions de dollars, soit 171 millions d’euros environ, lancée par le fabricant français de systèmes autonomes de défense Harmattan AI.
L’investissement de Dassault Aviation dans le capital d’Harmattan AI, dont la valeur n’a pas été communiquée, s’inscrit dans le cadre de la conclusion d’un partenariat stratégique entre les deux parties pour accélérer l’intégration de l’autonomie maîtrisée et de l’intelligence artificielle (IA) au sein des systèmes de combat aérien.
La levée de fonds valorise la start-up 1,4 milliard de dollars (1,2 milliards d’euros) : elle rejoint ainsi le club très fermé des quelques licornes (start-up valorisées plus d’un milliard d’euros) européennes de défense, moins de deux ans après sa création. Ce tour de série B est mené par Dassault Aviation, avec la participation de FirstMark ainsi que de Motier Ventures (la société de VC des propriétaires de Galeries Lafayette Group), Sysyphus Ventures, d’après des posts partagés sur LinkedIn par Mouad M’Ghari, cofondateur de l’Harmattan AI.
Fonctions embarquées
Ce partenariat favorisera le développement par Harmattan AI de fonctions d’IA embarquées au sein des futurs systèmes de combat aérien de Dassault Aviation (Rafale F5 et UCAS), notamment pour le contrôle des systèmes aériens inhabités.
«Cette collaboration soutient une stratégie globale visant à intégrer une IA souveraine, maîtrisée et supervisée au sein des systèmes de combat de Dassault Aviation», a indiqué l’avionneur dans un communiqué. «La confiance de Dassault Aviation accélère notre mission : fournir une IA souveraine et évolutive aux forces alliées. En combinant une IA de pointe avec une expertise mondiale en aviation de combat, nous façonnons l’avenir du combat aérien collaboratif», a de son côté déclaré Mouad M’Ghari, co-fondateur et PDG de Harmattan AI.
La start-up avait précédemment levé 42 millions de dollars via un premier tour de table mené par Atlantic et un tour de série A dirigé par FirstMark. Ce dernier avait été bouclé en septembre 2025 aux côtés du fonds allemand Atlantic Labs.
Contrats prestigieux
Harmattan AI est une jeune pousse française prometteuse dans le secteur de la défense. Emmanuel Macron a d’ailleurs salué lundi matin sur X (ex-Twitter) le « partenariat essentiel avec Dassault Aviation et une levée de fonds significative pour Harmattan AI», y voyant «une excellente nouvelle pour notre autonomie stratégique, pour la supériorité technologique de nos armées en matière de drones de défense activés par l’IA, ainsi que pour notre économie».
Cofondée en avril 2024 par Mouad M’Ghari et Martin de Gourcuff, elle commercialise des drones de défense activés par l’IA. Mouad M’Ghari est diplômé de Polytechnique, du MIT en machine learning ainsi que d’un diplôme en mathématiques de l’ENS PSL en août 2024, d’après sa page LinkedIn. Martin de Gourcuff, diplômé des Mines de Paris en 2013, a passé auparavant trois ans au sein de la start-up tricolore d’objets connectés Withings en tant que responsable du machine learning et sept ans chez le constructeur de drones Parrot.
La start-up implantée à Paris a déjà signé plusieurs contrats prestigieux, et surtout a obtenu des commandes fermes, lui assurant des revenus récurrents. Elle a déjà décroché deux contrats-cadres (POR), des programmes d’acquisition financés par l’Etat. En juillet 2025, le ministère français des Armées lui a commandé 1.000 drones à l’issue d’un appel d’offres européen. Son micro-drone est conçu et assemblé en France, en recourant notamment à la société française Lynred pour la fourniture des caméras infrarouges.
En septembre 2025, l’entreprise a annoncé un contrat encore plus important : la livraison de 3.000 systèmes dans le cadre d’un programme de «plusieurs millions d’euros» avec le ministère britannique de la Défense, pour un déploiement à court terme prévu «pour répondre à des besoins opérationnels urgents». En octobre, elle a annoncé un partenariat stratégique avec le constructeur ukrainien Skyeton : elle fournira un radar à synthèse d’ouverture (SAR) au sein du Raybird ISR, le drone de reconnaissance longue endurance conçu par Skyeton et largement utilisé par les forces ukrainiennes.
A lire aussi : Mistral AI signe un accord-cadre avec le ministère des Armées
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