Danone peine encore à convaincre sur sa capacité de rebond
Le discours est globalement prudent», a noté Aurel vendredi à la lecture des résultats de Danone à fin juin. Si le géant français de l’agroalimentaire continue de «viser» le «retour à une croissance forte, durable et rentable à partir du seconde semestre» 2014, les zones de turbulences ne manquent pas.
Le groupe, confirmant les perspectives annoncées en février dernier, prévoit ainsi un «contexte de consommation comparable à 2013, et marqué par des tendances de consommation atones en Europe, une inflation embarquée significative du prix du lait, et une volatilité toujours forte des devises des pays émergents». Danone table toujours par le biais d’une «stabilisation de ses performances» en Europe fin 2014 sur une croissance organique de son chiffre d’affaires de 4,5 à 5,5% cette année et sur une marge opérationnelle stable à plus ou moins 0,2 point.
Pas de quoi lever les doutes du marché, Natixis ou BoA Merrill Lynch n’écartant pas l’hypothèse d’un prochain avertissement sur résultats. Et alors que CM-CIC Securities relève que «sans surprise, Danone affiche un faible» deuxième trimestre, Aurel souligne que le groupe est «toujours sous pression». Le courtier précise notamment que le relèvement des prix imposé par le groupe afin de répercuter la hausse de ceux du lait «a visiblement pesé sur les volumes». Le pôle produits laitiers frais (54% de l’activité du groupe sur le semestre écoulé) a en effet engrangé un chiffre d’affaires net en hausse de 3,1% à 5,64 milliards d’euros, pour des volumes en retrait de 5,7%.
En parallèle, la division eaux (20% des ventes) affiche toujours des performances solides (+11,2% sur le semestre, en accélération au seul deuxième trimestre à +13,1%). Le groupe affiche une timide croissance organique semestrielle de 0,3% en Europe. Le chiffre d’affaires net de Danone a ainsi progressé de 2,2% en organique sur le semestre à 10,47 milliards d’euros (-5,3% en données courantes), pour un résultat opérationnel courant en retrait de 10,0% (1,18 milliard) correspondant à un recul de 1,59 point de la marge à 11,27%.
Le directeur financier Pierre-André Térisse a écarté vendredi toute revue stratégique de portefeuille, le groupe souhaitant s’inscrire dans la perspective à plus long terme d’un plan «Danone 2020» destiné à étudier tant l’implantation dans de nouveaux pays que l’accès durable aux matières premières, l’adaptation de l’organisation ou les économies d’échelle. Hier, le Financial Times évoquait des discussions avec l’américain Hospira concernant la cession pour 5 milliards de dollars de la nutrition médicale de Danone.
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